Nouvelle-Calédonie : "On ne lâchera pas l'affaire", préviennent les indépendantistes

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Les anti-indépendantistes Néo-Calédoniens se gardaient de tout triomphalisme, dimanche soir, après leur victoire au référendum. De leur côté, les indépendantistes assurent qu'ils poursuivront le combat. 
REPORTAGE

"Aux armes, citoyens !" Dimanche, après l'annonce du résultat du référendum pour ou contre l'indépendance de la Calédonie, les Républicains calédoniens s'en sont donné à cœur joie dans les rues de Nouméa. Entonnant la marseillaise, ils ont fêté la victoire nette (56,4% de "non" à l'indépendance) de leur camp.

"Il faudra qu'on tende la main à ceux qui ont perdu". Pas question, néanmoins, de tomber dans le triomphalisme goguenard. Sonia Backès, présidente du groupe LR au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, a immédiatement appelé au dialogue avec les indépendantistes. "Demain, le soleil se lèvera", a-t-elle déclaré devant des sympathisants. "Ce sera toujours le même pour tout le monde et il nous faudra construire la suite. Il faudra qu'on tende la main à ceux qui ont perdu car nous respectons le combat qui est le leur, le combat pour l'indépendance, même si nous ne le partageons pas. Nous devrons tous ensemble construire l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. Un avenir dans la France."

Entendu sur europe1 :
La lutte va continuer. Elle continuera jusqu'au dernier Kanak

"La lutte va continuer". Car si la victoire est large, elle l'est tout de même moins que prévue. Les sondages donnaient une avance du "non" plus évidente. Avec quatre Calédoniens sur dix qui ont voté pour la "pleine souveraineté" du Caillou, les revendications indépendantistes se sont fait entendre. "La lutte va continuer", estime Cédric, militant indépendantiste. "Elle continuera jusqu'au dernier Kanak. C'est quelque chose qui est dans les tripes. Et tant que c'est encore là, c'est quelque chose qu'il faut faire sortir."

"On l'aura à la deuxième ou à la troisième fois". Pour Cédric comme pour les autres pro-indépendance, deux dates sont désormais en ligne de mire. En 2020 et 2022, deux autres référendums peuvent être organisés pour poser, une nouvelle fois, la question de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. "On ne lâchera pas l'affaire, on l'aura à la deuxième ou à la troisième fois", veut croire Youliska. "C'est une défaite honorable. Cela étant, il y a quand même 18.000 voix d'écart", nuance de son côté le député loyaliste Philippe Gomès. "Un référendum en 2020, ce n'est pas la multiplication des pains."

Europe 1
Par Aurélie Herbemont, édité par Margaux Baralon et Thibaud Le Meneec