Sylvie Goulard proposée comme commissaire européenne : Yannick Jadot (EELV) confie sa "gêne"

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Le député européen EELV s'est étonné mercredi sur Europe 1 du choix d'Emmanuel Macron de proposer l'ancienne ministre des Armées pour représenter la France dans la future Commission, alors qu'elle avait dû démissionner du gouvernement en raison de l'affaire d'emplois fictifs présumés des assistants des eurodéputés MoDem.
INTERVIEW

À peine proposée par Emmanuel Macron, Sylvie Goulard fait déjà débat. L'ancienne ministre des Armées, qui avait dû quitter le gouvernement au bout d'un mois en raison de l'affaire d'emplois fictifs présumés des assistants des eurodéputés MoDem, a été proposée mercredi par le président de la République pour représenter la France au sein de la prochaine Commission européenne. Invité mercredi de David Doukhan, sur Europe 1, le député européen Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts, EELV), a fait part de sa "gêne".

"Sylvie Goulard est une femme de qualité, une pro-européenne incontestable", reconnaît d'entrée la surprise des dernières élections européennes (3ème, avec 13,48% des voix), notant toutefois que l'ancienne ministre est aussi "une vraie libérale", et "n'est pas très écolo". Et surtout, confie-t-il, revenant sur les affaires qui avaient poussé Sylvie Goulard à la démission, "il y a une gêne". "Sylvie Goulard ne peut pas être ministre en France et peut devenir commissaire au niveau européen", s'étonne-t-il. 

"On est dans une situation de suspicion gênante pour la France"

"Soit il n'y a pas de sujet autour des emplois présumés fictifs et à ce moment-là, pourquoi les patrons du MoDem ne sont-ils pas ministres ? Soit il y a un sujet et ça pourrait remettre en cause la crédibilité de la France au niveau européen", interroge Yannick Jadot, se demandant également "pourquoi la justice ne va pas plus vite". Et d'ajouter : "On est dans une situation de suspicion qui est gênante pour la France." À propos de Sylvie Goulard, l'écologiste estime enfin "qu'il va falloir qu'elle s'explique". 

Par ailleurs, l'élu européen regrette que le choix présidentiel ne se soit pas porté sur une personnalité écologiste. "Le président Macron ne cesse de vouloir démontrer qu'il reprend un virage écolo. Ça aurait été bien que ce soit une personnalité qui incarne l'écologie, que l'ambition de la France soit d'avoir un ou une grande commissaire vert à la Commission européenne", se désole-t-il. 

Europe 1
Par Antoine Terrel