Muriel Pénicaud : "Il n’y a pas de fatalité" au chômage de masse

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Muriel Pénicaud s'est réjoui des bons chiffres du chômage. 10:08
Muriel Pénicaud s'est réjoui des bons chiffres du chômage. © Europe 1
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Le taux de chômage a fortement baissé en 2019, pour atteindre 8,1%. La ministre du Travail Muriel Pénicaud s’est félicitée de ces chiffres, estimant qu’il "n’y a pas de fatalité" au chômage de masse.
INTERVIEW

C'est une bonne nouvelle pour le gouvernement. Le taux de chômage a nettement baissé l'an dernier pour s'établir à 8,1% fin 2019, selon l'Insee. La ministre du Travail Muriel Pénicaud s'est félicitée de ces chiffres, jeudi soir sur Europe 1, tout en estimant qu'il "n'y a pas de fatalité" au chômage de masse. "C’est une bonne nouvelle pour les Français. Mais ce qui me frappe, c’est le nombre de gens qui me disaient que le chômage de masse était une fatalité. On est en train de se prouver collectivement qu’il n’y a pas de fatalité", a réagi la ministre. 

Muriel Pénicaud estime que le cap fixé par Emmanuel Macron d'une baisse du chômage à 7% en 2022 est désormais "atteignable". "Ça donne de l’espoir pour la suite. Ce n’est jamais mécanique, il faut rester vigilant, mais c’est un objectif atteignable", veut croire la ministre. 

"Les réformes ont des effets"

Cette nette baisse du chômage est une surprise, dans la mesure où la croissance est nettement ralentie : +1,2% l'an dernier, contre +1,7% en 2018. Muriel Pénicaud attribue cette tendance aux réformes menées par le gouvernement sur le marché du travail. "Les réformes ont des effets, car elles collent à des réalités du terrain. On n’a jamais embauché autant, on n'a jamais eu autant de CDI, on n’a jamais eu autant d’apprentis et on a formé près d’un million de demandeurs d’emploi. Quand on permet aux demandeurs d’emploi, y compris de longue durée, d’avoir les compétences dont ont besoin les entreprises, c’est à la fois très pragmatique et très puissant", assure-t-elle. "On a une croissance plus faible, mais plus riche en emploi", résume la ministre.  

Certaines voix se sont élevées pour contester ces chiffres, les attribuant pour partie à la réforme de l'assurance chômage. Une analyse contestée par Muriel Pénicaud. "La réforme de l’assurance chômage commence à se mettre en œuvre depuis le mois de novembre. La réforme a encore très peu d’effets, et ils seront positifs car ils permettront de lutter contre la précarité. Ensuite, les radiations n’ont pas augmenté, c’est un faux procès", s'est-elle défendue.