Macron chahuté à la sortie d’un théâtre : "Une atteinte à la démocratie" pour Agnès Pannier-Runacher

, modifié à
  • A
  • A
Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, estime que l'opposition à la réforme des retraites, minoritaire selon elle, se radicalise. 3:50
Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, estime que l'opposition à la réforme des retraites, minoritaire selon elle, se radicalise. © Europe 1
Partagez sur :
Invitée d'Europe 1, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, a dénoncé l'attitude d'une dizaine de manifestants, qui ont tenté de perturber vendredi une représentation théâtrale à laquelle assistait le président de la République à Paris.
INTERVIEW

Le président de la République, Emmanuel Macron, a été vivement sifflé vendredi soir à l’issue d’une représentation théâtrale aux Bouffes du Nord, à Paris, à laquelle il assistait en compagnie de son épouse. Une dizaine de militants, opposés notamment à la réforme des retraites, s'étaient réunis devant les portes du bâtiment après avoir appris, via les réseaux sociaux, qu’Emmanuel Macron se trouvait à l'intérieur. "Essayer de faire pression sur les membres d’un gouvernement, les députés, des organisations syndicales et finalement tous les corps intermédiaires et les représentants du peuple qui sont élus, c’est une atteinte à la démocratie", a dénoncé samedi, au micro de François Geffrier sur Europe 1, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances.

Vendredi soir, le chef de l'Etat a dû être "sécurisé" quelques instants avant de pouvoir regagner sa place, et finalement d’assister "jusqu’au bout" à une représentation de La Mouche, indique-t-on du côté de l’Elysée. "Je ne connais pas les détails, mais lorsque vous êtes une personnalité avec un service de sécurité, on vous met dans un endroit calme quand votre intégrité physique est potentiellement en danger", précise Agnès Pannier-Runacher. "Il ne faut pas grossir le trait", tente toutefois de déminer cette responsable gouvernementale.

"La minorité contre la majorité"

Pour elle, ce genre d'action, tout comme comme l'intrusion, quelques heures plus tôt, d'une dizaine de personnes au siège de la CFDT, organisation syndicale favorable à la mis en place un système des retraites universel par points, trahit une forme de radicalisation de l'opposition à la réforme. "C’est une volonté par la pression et par la violence de changer le regard que l’on porte sur certains sujets. C’est inacceptable."

Alors que le retrait provisoire de l'âge pivot, mesure la plus décriée du projet, n'a pas suffit à mettre un coup d’arrêt total au mouvement de grève, les moments de tension se sont multipliés ces derniers jours, avec des permanences de députés dégradées, les vœux de Nicole Belloubet perturbés par des avocats, ou encore ceux de Franck Riester, le ministre de la Culture, annulés en raison d'un rassemblement. Agnès Pannier-Runacher y voit d'abord le fait d'une minorité. "Cette approche est anti-démocratique, c’est la minorité contre la majorité, c’est la violence contre le respect des institutions", s'agace-t-elle. "Est-ce que l’on parle d’une dizaine de personnes qui font une intrusion à la CFDT ou des centaines de milliers de personnes qui vont travailler tous les jours ?" 

La secrétaire d’Etat appelle désormais l’ensemble des salariés à reprendre le travail, "et ceux qui prévoient des actes violents a prendre la mesure de leurs actes."

Europe 1
Par Romain David