Les Républicains se déchirent sur les investitures pour les législatives

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Alexandre Kara avec M.B. , modifié à
A LA MANOEUVRE - Nicolas Sarkozy compte attribuer les investitures des législatives 2017 avant la primaire pour la présidentielle. Ses adversaires pointent un risque de clientélisme.

C'est la dernière idée de Nicolas Sarkozy qui risque d'agiter les rangs de son parti. Le patron des Républicains a, selon nos informations, l'intention d'attribuer les investitures des élections législatives de 2017 dès juin 2016. Soit un an avant le scrutin, mais surtout quelques mois avant que la primaire permette de désigner le candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle.

Faciliter la tâche des futurs candidats. Officiellement, s'y prendre aussi tôt doit permettre de faciliter la tâche des futurs candidats aux législatives. Officieusement, cette décision est une manière, pour Nicolas Sarkozy, de mettre un coup de pression sur son parti et réaffirmer son autorité.

Manœuvre. Mais ses adversaires à la primaire à droite y voient surtout une manœuvre de la part de l'ancien chef d'Etat. Leur inquiétude ne vient pas du risque de figer les investitures : en réalité, une campagne législative se fait dans la foulée d'une élection présidentielle et il sera toujours possible de changer de candidat au printemps 2017.

Casus belli à droite. En revanche, certains pontes de droite crient au clientélisme. Ils craignent en effet que Nicolas Sarkozy en profite pour récupérer le vivier des parlementaires et les transforme en soutiens sarkozystes à la primaire, en échange d'une circonscription aux législatives. L'entourage d'Alain Juppé n'en démord pas : seul le vainqueur de la primaire pourra régler la question des investitures. Ce sujet pourrait donc devenir un véritable casus belli au sein de la droite.