Le directeur de cabinet de Richard Ferrand visé par une enquête après un courrier controversé

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Une enquête préliminaire a été ouverte contre le directeur de cabinet de Richard Ferrand
Une enquête préliminaire a été ouverte contre le directeur de cabinet de Richard Ferrand © DOMINIQUE FAGET / AFP
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Dans un courrier rédigé sur du papier à en-tête de l'Assemblée nationale, Jean-Marie Girier appelait à constituer un pôle de gauche au sein de la majorité. 

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national financier (PNF), après la révélation d'un courrier du directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand appelant à constituer un pôle de gauche au sein de la majorité, a-t-on appris jeudi auprès du PNF, confirmant une information du Point.

L'association anticorruption Anticor avait saisi le parquet national financier le 17 juillet. Elle pointe du doigt le fait que cette note a été rédigée sur papier à en-tête de l'Assemblée nationale à "Monsieur le président", alors qu'elle "relève, à l'évidence, des tâches qui doivent être confiées à un permanent d'un parti politique".

Il proposait une "task force" pour attirer les maires socialistes

Dans ce document, daté du 21 juin et révélé par Le Point, Jean-Marie Girier échafaudait l'idée d'une "task-force" pour attirer les maires socialistes en vue des municipales de mars 2020.

Début juillet, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, avait de son côté dénoncé un "scandale". "Quelqu'un utilise son temps de travail à l'Assemblée nationale pour réfléchir à autre chose qu'au bon fonctionnement de l'Assemblée nationale", avait-il protesté. Interrogé par l'AFP cet été, l'entourage de Richard Ferrand avait répondu qu'il s'agissait d'une "note politique par un conseiller politique à un homme politique, une note d'ambiance à son initiative".

Une tribune, signée par des élus et anciens élus PS et écologistes, a été publiée dans le Journal du dimanche. Ils souhaitent la constitution d'un "pôle de gauche dans la majorité", indépendant de LREM. "En tant que sociaux-démocrates longtemps marginalisés, nous nous sentons dépositaires d'une culture de gouvernement plus proche aujourd'hui du réformisme gouvernemental que de la dérive illibérale de la gauche protestataire", écrivent les 72 signataires, dont le maire de Strasbourg Roland Ries ou l'ancien secrétaire d'État François Loncle.