Après plusieurs reports, le ministre français de l'Intérieur se rendra finalement en Algérie, lundi et mardi prochains. Un déplacement hautement sensible pour Laurent Nuñez alors que les tensions entre Paris et Alger restent vives. Il s'est entretenu avec son homologue algérien pour préparer la visite, précise son entourage. Faut-il y voir un début d'apaisement ?
C'est un déplacement à haut risque diplomatique. La semaine prochaine, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez effectuera une visite en Algérie. Sur la table, une série de dossiers explosifs.
"Il veut miser sur une méthode plus conciliante que son prédécesseur"
En premier lieu : les ressortissants algériens sous OQTF, sujet de friction récurrent entre Paris et Alger. Le ministre abordera également la coopération antiterroriste, cruciale pour les services français, mais aussi les demandes d'extradition, elles aussi sensibles. Et une affaire qui a fortement crispé les relations : celle de l'arrestation en 2025, près de Paris, d'un agent consulaire algérien, soupçonné dans un enlèvement d'influenceur.
Autre point incontournable : le cas du journaliste sportif Christophe Gleizes. Le Français est détenu depuis le mois de mai 2024 après un reportage sur un club de football en Kabylie. En toile de fond, une relation bilatérale dégradée.
Depuis la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, la confiance est rompue, le dialogue est gelé. Il se murmure que Laurent Nuñez pourrait être reçu par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
"Il veut miser sur une méthode plus conciliante que son prédécesseur Bruno Retailleau", explique un député proche du dossier. Mais ce dernier prévient, avec Alger, rien n'est jamais simple.