Lagarde : "Je ne crois pas que ce qu’a fait Fillon le disqualifie"

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Pour le patron de l'UDI, interrogé sur Europe 1, François Fillon conserve ses chances dans la course à l'Elysée.
INTERVIEW

Englué depuis deux semaines dans les révélations du Canard enchaîné sur les rémunérations accordées à des membres de sa famille, François Fillon tente de relancer sa campagne, et d'abord de reprendre la main sur les parlementaires LR, dont une partie d'entre-eux, principalement des sarkozystes, a fait savoir son ras-le-bol mardi. Le Sarthois doit déjeuner mercredi avec l'ancien Président de la République. Pour sa part, Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI qui cherche toujours un accord législatif avec les Républicains, ne croit pas que cette affaire puisse pousser le candidat de la droite vers la sortie.

Présomption d'innocence. "Les Français porteront un jugement, parce que ce que l’on demande, grosso modo, c’est un jugement moral. Je ne crois pas que ce qu’a fait François Fillon le disqualifie pour la présidentielle, pour devenir président de la République", a-t-il estimé mercredi au micro de la matinale d'Europe 1. "Je ne crois pas qu’il y ait de délit dans ce qui lui est reproché", a encore relevé Jean-Christophe Lagarde, rappelant le primauté de la présomption d'innocence. "C’est à la justice de prouver que ça femme n’aurait pas travaillé, et pas à lui de prouver l’inverse. On oublie quelques principes de droit dans ce pays. On verra ce que dira la justice". "Je me souviens de Julien Dray - c’est un adversaire - dont on a détruit la carrière pour une histoire de montre. Finalement il n’avait rien fait", a-t-il encore voulu rappeler.

Entendu sur europe1 :
L’élection présidentielle, c’est le moment où le pays peut redémarrer

"On ne choisit pas un sauveur". Surtout, le patron des centristes déplore que le débat présidentiel se soit concentré ces dernières semaines sur l'affaire Fillon, au détriment du débat d'idées. "On aura pas parlé de la façon dont on améliore les résultats scolaires dans notre pays quand vous avez un gamin sur cinq qui arrive en 6e sans savoir lire et écrire. On aura pas parlé de pourquoi on n’est pas capable de fournir les emplois des 600.000 offres d’emplois dans notre pays. Pourquoi on n’aura pas réglé le problème du CDI quand 80% des embauches, aujourd’hui, se font en CDD", a-t-il énuméré.

"On ne choisit pas un sauveur quand on élit un président de la République, on choisit un projet, on choisit un programme", souligne-t-il. "Or ce programme, aujourd’hui, que ce soit celui de monsieur Fillon, de monsieur Hamon, de monsieur Mélenchon ou de madame Le Pen, on n'en parle plus. Je trouve ça dramatique, parce que l’élection présidentielle, on le sait tous, c’est le moment où le pays peut redémarrer".

Amender le projet. Par ailleurs, Jean-Christophe Lagarde a indiqué que son parti n'avait toujours pas trouvé d'accord électoral avec les Républicains, même si les discussions autour du projet de François Fillon portent leurs fruits selon lui. "La réforme de la sécurité sociale, vous verrez que c’est un nouveaux projet [...] Il a à la fois écouté les professionnels mais aussi ses partenaires politiques". Par contre, concernant les législatives "aujourd'hui il n’y a pas d’accords. Nous ne sommes pas d’accord sur le nombre de candidats", explique Jean-Christophe Lagarde qui espère que les négociations puissent rapidement se débloquer, "parce que dans dix ou quinze jours ça posera un certain nombre de difficultés".