Gilets jaunes : "Depuis le début, il y a de la haine anti-flics", estime Jean-Michel Aphatie

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Au micro de la matinale de Pierre de Vilno, notre éditorialiste est revenu lundi sur le slogan "suicidez-vous" adressé par plusieurs manifestants "gilets jaunes" à la police, samedi.
EDITO

Une enquête a été ouverte à la suite des slogans "suicidez-vous, suicidez-vous" lancés aux forces de l'ordre samedi dans la capitale lors de l'acte 23 des "gilets jaunes". Pour notre éditorialiste Jean-Michel Aphatie, "depuis le début, il y a de la haine, de l'intolérance et une violence anti-flics à côté de 'gilets jaunes' parfaitement pacifistes".

"L'enquête pour outrage ouverte par le parquet de Paris après l'emploi du slogan 'suicidez-vous' par certains 'gilets jaunes' est justifiée. La vidéo permettra sans doute d'identifier les responsables, des 'gilets jaunes' et d'autres habillés en noir. Il faut souhaiter que celles et ceux qui ont proféré ce type de slogans parfaitement ignobles soient traduits en justice et condamnés, ce sera juste.

"Depuis le début, il y a de la haine". Sur le fond, certains disent que ce type de slogans traduit une inflexion du mouvement des 'gilets jaunes'. Or, c'est assez faux. Depuis le début, il y a de la haine, de l'intolérance et une violence anti-flics à côté de 'gilets jaunes' parfaitement pacifistes. Il ne faut pas oublier les scènes du 1er et du 8 décembre, où il n'y avait pas que des casseurs pour commettre des dégradations et des saccages. Il y avait aussi des 'gilets jaunes'. Et dans l'attitude de certains, on voyait bien, déjà, la haine anti-flic.

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Il ne faut pas oublier non plus cette scène du 17 février, sur la rocade de Lyon. Une voiture de police, bloquée dans la circulation, était caillassée par des 'gilets jaunes'. Et comme un policier a filmé la scène, on a vu la volonté de faire mal. La pensée des gens qui jetaient des cailloux était très violente.

La carte du pourrissement. Le slogan de samedi s'inscrit parfaitement dans ce sentiment. La police connaît depuis le début de l'année une vague de suicide : 28 depuis janvier, soit deux fois plus que l'an dernier à la même période. Aujourd'hui, la police est le grand corps malade de l'État, un corps usé, fatigué par la répétition des manifestations et les violences auxquelles elle est confrontée. On entend dire que le gouvernement joue la carte du pourrissement contre les 'gilets jaunes'. On peut dire aussi l'inverse : les 'gilets jaunes' jouent la carte du pourrissement contre l'État au travers des confrontations policières.

Déstabilisation. User la police comme ils le font, c'est contribuer à déstabiliser la République. Si les manifestations se répètent, la police qui est le dernier rempart de la politique peut connaître de graves problèmes. Nous ne savons pas où va cette aventure des 'gilets jaunes'. C'est pour tenter de la stopper qu'Emmanuel Macron prendra la parole jeudi. Mais personne n'imagine sérieusement que le verbe et les propositions du président pourront mettre un terme à ce qui est une volonté de déstabiliser la République."