"Je préférerais que les forces de l’ordre fassent leur vrai métier plutôt que de sécuriser des ronds-points", lance Christophe Castaner aux "gilets jaunes"

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Trois jours après l'attentat de Strasbourg, le ministre de l'Intérieur a appelé vendredi sur Europe 1 les "gilets jaunes" à "un acte de responsabilité" plutôt qu'à un acte 5 de leur mobilisation samedi.

INTERVIEW

Trois jours après l'attentat de Strasbourg, le ministre de l'Intérieur a appelé vendredi sur Europe 1 les "gilets jaunes à "un acte de responsabilité" plutôt qu'à un acte 5 de leur mobilisation, samedi. S'il considère que les effectifs actuels des forces de l'ordre sont "suffisants", Christophe Castaner considère toutefois qu'ils seraient plus utiles sur d'autres missions.

"Quelques milliers de personnes mobilisent énormément de forces". "Nos forces de l'ordre ont justement cette capacité à ne jamais baisser les bras. Mais franchement, je peux vous dire que je préférerais voir les forces de l'ordre faire leur vrai métier, c'est-à-dire poursuivre les criminels, diminuer le risque terroriste, plutôt que de devoir sécuriser des ronds-points où quelques milliers de personnes mobilisent énormément de forces", a soutenu le locataire de Beauvau au micro d'Audrey Crespo-Mara vendredi matin.

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La responsabilité des "gilets jaunes". Dès lors, Christophe Castaner, comme bon nombre de politiques avant lui, du gouvernement ou d'une frange de l'opposition, appelle les "gilets jaunes" à ne pas reconduire leur manifestation samedi, à Paris ou en région. "Il y a, parait-il, un 'acte 5' de la mobilisation des 'gilets jaunes' demain à Paris. Moi, je préférerais un acte de responsabilité. Pour nos forces de l'ordre, pour nos commerçants, pour notre économie", insiste le ministre de l'Intérieur, qui souhaite que les Français engagés dans ce mouvement de contestation ne fassent pas montre de fausse naïveté.

"Il faut que les 'gilets jaunes' se rendent compte, notamment à Paris, qu'ils ont fait vivre un coucou, celui de la violence des ultras de droite ou de gauche, celui des voleurs, des casseurs, qui profitent de la manifestation pour se livrer au cassage. Sans les 'gilets jaunes', ils ne sont rien. Et les 'gilets jaunes' le savent chaque jour un peu plus".

Jean-Luc Mélenchon fait partie des "coucous". Parmi les leaders politiques, seul Jean-Luc Mélenchon ne demande pas aux "gilets jaunes" de ranger les banderoles samedi. S'il estime que son "boulot n'est pas de commenter" les dires du patron de La France insoumise, Christophe Castaner ne se prive pourtant pas de pointer sa responsabilité à lui aussi. "Je laisse Jean-Luc Mélenchon à ses invitations révolutionnaires multiples, mais il fait partie aussi des coucous. Je crois que les 'gilets jaunes' ne le reconnaissent pas comme leur chef."

Les forces de l'ordre, "applaudies" puis "caillassées" ? "Hier j'étais dans les rues de Strasbourg, j'ai vu le peuple de France applaudir nos forces de sécurité. Et demain on va les caillasser ? On va laisser faire ça ? Je m'y refuse", a martelé Christophe Castaner. Samedi, le dispositif de sécurité sera différent de ceux mis en place au cours des derniers week-ends. "Nous faisons évoluer le dispositif car nous sommes confrontés à des attaques que nous ne maîtrisons pas dans le cadre de manifestations qui ne sont pas déclarées, qui ne respectent aucune règle", fustige-t-il. "Il n'y a pas d'organisateurs, personne n'assume, on laisse la dérive aller, on laisse la casse se faire, et après on pleure sur les cendres."