INFORMATION EUROPE 1 - Les Républicains : ce rapport interne qui dénonce un parti recroquevillé

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Selon un rapport interne qu'Europe 1 a pu consulter, Les Républicains serait un parti de "clubs fermés", avec des militants qui œuvrent aujourd'hui "avec des moyens financiers quasi-inexistants".

INFO EUROPE 1

C'est un rapport interne, consulté par Europe 1, qui ne mâche pas vraiment ses mots à l'égard du fonctionnement actuel des Républicains. Son auteur, Pierre Bédier, l'un des "vieux routards" du parti, président de la fédération LR des Yvelines et proche de Laurent Wauquiez, pointe entre autres constats un parti recroquevillé, qui ne s'est pas adapté aux formes actuelles du militantisme.

Une droite des apparatchiks

Dans sa note interne de synthèse, Pierre Bédier dénonce un parti dépassé par les enjeux nationaux, pas assez mobilisateurs. "Aujourd’hui, dans de nombreux territoires, nos instances LR sont des clubs fermés autour d’un petit nombre de militants. Cette situation entraîne une démotivation", écrit l'auteur, qui propose de se réorganiser autour de thèmes locaux et de figures régionales, sur le mode des caucus américains, des référents décentralisés.

Tout au long de ce document de cinq pages, Pierre Bédier ausculte le parti et le trouve mal en point, sans le sou. "Nos instances locales militent avec des moyens financiers inexistants", ce qui n'empêche pas de trouver des lieux pour se réunir ou pouvoir imprimer des tracts, par exemple. Conséquence : cela facilite "une prise en main par un petit groupe de militants souvent réélus sans avoir fait les preuves de leur action". Bref, quand on lit ce rapport, Les Républicains, en régions, ressemble à une droite des apparatchiks. Là encore, une solution est proposée : développer un réseau local de micro-parti pour financer ces caucus. Un constat clinique, sans état d’âme.

Moins de démocratie interne prônée

Ce document interne est très intéressant, parce qu'on n'est jamais allé aussi loin dans la description d’un parti à la dérive. Il est né de la volonté-même de Laurent Wauquiez qui, lorsqu'il s’installe aux commandes du parti, en décembre 2017, nomme un chargé de mission sur la réorganisation du parti. Il choisit Pierre Bédier, un routard du RPR, qui part à la découverte d’un parti dans un contexte "de fortes dissidences et multiplications de chapelles". La solution ? Il faut beaucoup moins de démocratie interne : l'auteur recommande de ne plus élire les patrons des fédérations au suffrage universel, comme cela va se passer vendredi et samedi. Pierre Bédier est d'ailleurs en concurrence avec Alexandra Dublanche pour la fédération des Yvelines.

Vers un fonctionnement en mode start-up ?

Avec une démocratie interne amoindrie, le parti pourrait avoir la main sur tout le territoire et les dissidents devraient rentrer dans le rang. Il faudra enfin de se débarrasser du profil du bon vieux militant, avec un recours accru aux réseaux sociaux et au mode de fonctionnement en start-up, comme le prône notamment La République en marche. 

Cette mue n'a pas encore été officiellement annoncée aux instances du parti. Selon l’entourage de Laurent Wauquiez, consulté jeudi, il n’avait pas l’intention d’en parler pour le moment. Sauf que l’on comprend bien que le patron des Républicains compte bien transformer son parti au pas de charge, pour mieux porter sa candidature à l’élection présidentielle de 2022.