Membre des deux derniers gouvernements de François Hollande, l'ex-ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas est accusé de violation du secret professionnel. 1:30
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Chloé Triomphe, édité par Romain David , modifié à
Accusé de violation du secret professionnel pour avoir divulgué des informations confidentielles au député Thierry Solère, l'ex-ministre de la Justice assure avoir agi pour défendre son ministère.
INFO EUROPE 1

L'ancien ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas sera jugé devant la Cour de justice de la République à la rentrée, du 24 au 27 septembre, selon une information d’Europe 1. Membre des deux derniers gouvernements de François Hollande, le socialiste est accusé d’avoir révélé des informations secrètes sur une enquête en cours au principal intéressé, le député Thierry Solère.

Devant les magistrats instructeurs, Jean-Jacques Urvoas n’a pas nié les faits, en l’occurrence l’envoi de deux messages, via l’application de messagerie cryptée Telegram, au député Thierry Solère les 4 et 5 mai 2017, soit quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle qui signait la fin de son poste de garde des Sceaux.

Des informations confidentielles envoyées "par devoir"

Dans son second message à l’ex-député Les Républicains, envoyé à 6h48 du matin, Jean-Jacques Urvoas reprend quasiment mot pour mot une note confidentielle des services judiciaire sur l’état de l’enquête préliminaire visant l'élu pour diverses infractions fiscales. Le ministre avait fait remonter ces informations en urgence par son administration deux jours plus tôt.

Dans l'arrêt de renvoi devant la Cour, qu'Europe 1 a pu consulter, l'ancien garde des Sceaux affirme pour sa défense avoir "agi par devoir", explication qui n’a pas convaincu les juges. Jean-Jacques Urvoas a ainsi déclaré qu’il n’avait pas conscience du caractère secret des informations qu’il divulguait. Surtout, il les aurait transférées au principal intéressé pour lui montrer que la justice ne fomentait aucun complot contre lui, et que les magistrats du parquet ne faisaient que leur travail avec cette enquête. En clair, l’ex-ministre dit avoir agi pour défendre l’institution face au potentiel pouvoir de nuisance dans les médias de Thierry Solère.