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Alors que l'index senior, mesure phare de l'exécutif dans le deuxième article de la réforme des retraites, devrait être débattu à l'Assemblée nationale dans les prochains jours, Sandrine Rousseau dénonce une proposition "qui n'a aucune espèce de caractère contraignant" et le compare à "une feuille de salade".
INTERVIEW

Après la mobilisation dans la rue ce samedi, c'est au tour de la députée écologiste Sandrine Rousseau d'exprimer à nouveau son désaccord contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement. Invitée du Grand Rendez-vous d'Europe 1/ CNews/ Les Échos, la femme politique est revenu sur la question de l'index senior. Cette mesure présente dans le deuxième article de la réforme a pour objectif de favoriser l'emploi des seniors, en obligeant les entreprises de plus de 300 salariés à publier des indicateurs relatifs à leur taux d’emploi de salariés de plus de 55 ans, d'ici à juillet 2024.

 

L'index senior, une "feuille de salade"

Une "supercherie complète" pour Sandrine Rousseau, qui a déposé un amendement contre l'article deux, le renommant "feuille de salade" ; un amendement depuis retiré. "Pourquoi je l'avais déposé ? Parce qu'en fait, (…) on a une réforme qui est très dure pour les personnes, pour les gens, pour leur vie. Et à côté de ça, on nous met un index senior qui n'a aucune espèce de caractère contraignant, c'est à dire que juste, il va falloir publier des chiffres. Et puis il se passe rien d'autre que ça", dénonce la députée.

"Donc j'ai comparé ça déjà plusieurs fois à la feuille de salade qu'on vous met dans un plat au restaurant. Car cela fait décoration et ça ne change strictement rien à la philosophie de la réforme", ajoute-t-elle. Pour Sandrine Rousseau, la réforme passe complètement à côté de ce dont elle doit traiter : le travail et les conditions de travail.

Des maladies et accidents du travail oubliés

"Il n'y a rien sur les conditions de travail. Or la France est le pays d'Europe qui a le plus d'accidents du travail, qui a le plus de morts au travail", avance-t-elle. "Et ceux qui ont subi cela ne peuvent plus travailler à 63 ans. On parle de la retraite sans jamais, jamais parler du travail", insiste-t-elle.

Selon un manifeste de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui se base sur des chiffres d'Eurostat, le nombre de décès au travail a diminué ces dix dernières années en Europe, mais il a augmenté en France : passant de 537 en 2010 à 803 en 2019.