Lors de la dernière législature, Raphaël Arnault était parachuté à Avignon avec l'investiture LFI. Son adversaire, la députée sortante RN Catherine Jaouen, est ressortie profondément marquée par une campagne faite de coups de pression, jusque devant la porte de son domicile. Elle pensait même stopper tout engagement politique.
Après la mort de Quentin Deranque, lynché par un groupe d'individus en marge d'une conférence de Rima Hassan à Lyon, tout pointe vers La France insoumise. L'un de ses militants, le député du Vaucluse Raphaël Arnault, cofondateur de La Jeune Garde, apparaît dans cette affaire. Deux de ses assistants parlementaires ont été interpellés mardi 17 février.
L'ancienne députée RN du Vaucluse, Catherine Jaouen, garde un mauvais souvenir de son face à face avec Raphaël Arnault lors des élections législatives anticipées. Au micro d'Europe 1, elle confie la crainte qu'elle a ressentie au cours de la campagne. Les cadres régionaux du Rassemblement national se rappellent eux aussi d'une campagne "hors norme", du "jamais vu" dans la cité des papes.
"Vraiment c'était trop"
Catherine Jaouen a été la cible de coups de pression dans la rue, mais aussi sur le pas de sa porte : "J'en ai retrouvé deux sur mon palier qui voulaient absolument rentrer, mais c'est surtout qu'ils sont arrivés devant chez moi alors qu'il n'y avait pas mon nom sur la porte. Donc ça veut dire qu'ils m'avaient suivi, tracé, j'ai déménagé après, j'avais peur. Vraiment c'était trop" se remémore-t-elle.
Deux gardes du corps finissent par l'accompagner lors de ses sorties, et le soir du second tour, la préfecture la met en garde : "Ils m'ont dit de ne pas sortir après 18h, fermeture des bureaux de vote. Ils avaient vu les comportements qu'il y avait dans la ville et ils craignaient qu'ils s'en prennent à moi directement".
Du "jamais vu" lors d'une campagne électorale à Avignon
Même consigne reçue par le secrétaire départemental du parti Thierry d'Aigremont, qui a dû veiller de près sur les déplacements de ses militants : "Ils nous disaient 'Attention, vous avez en face des gens dangereux donc faites très attention à vos équipes'. Il a fallu qu'on briefe les équipes du danger puisque ce qui s'est passé à Avignon, on ne l'avait jamais vécu auparavant dans le Vaucluse".
Un ancien représentant local de LFI raconte lui aussi les méthodes brutales de Raphaël Arnault et ses équipes qu'il qualifiait de "vecteur de violence et de division" avant de claquer définitivement la porte du parti et de rejoindre la liste socialiste pour les municipales à venir.