Grogne des infirmières : Agnès Buzyn défend son plan santé "qui vise à mieux répartir la tâche de soins entre les professionnels"

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Agnès Buzyn sur Europe 1
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Après la grande journée de mobilisation des infirmières mardi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a fermement défendu son plan santé, vendredi matin, sur Europe 1.

INTERVIEW

Elles se considèrent comme les "grandes oubliées" du plan santé. Mardi, les infirmières ont appelées à cesser le travail et à manifester partout en France. Seize organisations syndicales dénoncent le "mépris" du gouvernement, accusé d'avoir cédé au "lobby" des médecins. Au micro d'Audrey Crespo-Mara vendredi matin sur Europe 1, Agnès Buzyn a assuré que son plan était construit pour que tous les professionnels de santé "prennent leur place, autour notamment de la prise en charge des malades chroniques."

Tous concernés par le plan santé. "Quand on dit 'les professionnels', ce ne sont pas que les médecins. Ce sont aussi les infirmières, les kinés, les pharmaciens, les sage femmes… C'est un plan qui vise à mieux répartir la tâche de soin entre les professionnels", promet Agnès Buzyn, elle-même médecin hématologue. 

 

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"On court trop après l'activité". Parmi les griefs des infirmières à l'encontre de la ministre de la Santé : la course à la rentabilité dans les hôpitaux. "Je suis d'accord avec elles", répond Agnès Buzyn. "Je pense que l'on court trop après l'activité sans prendre en compte la qualité des soins. C'est pour cela que je suis en train de transformer le système pour mieux financer les gens qui travaillent bien, qui discutent des cas, qui prennent le temps notamment dans les soins palliatifs. Tout ça, je veux mieux le valoriser", insiste Agnès Buzyn.

Des intérimaires qui coûtent trop cher. Par ailleurs, du fait de ses conditions d'exercice difficiles, le métier souffre d'un manque d'attractivité. Dès lors, les hôpitaux ont recours aux intérimaires, ce qui coûte très cher. Sur notre antenne, Agnès Buzyn a rappelé avoir "pris un décret il y a un an pour réduire leurs revenus." "Certains prenaient jusqu'à 3.000 euros par jour dans certains hôpitaux, et je refuse cette marchandisation de la médecine", soutient la ministre. Avant de souligner la réalité de la situation : "Les postes sont ouverts et nous ne trouvons pas de médecins pour les prendre. Il y a une démographie médicale qui n'est pas au rendez-vous des besoins."