"C'est le RN qui ne veut pas l'union des droites, parce que le RN a été trop longtemps un monopole, considérant la concurrence comme devant être radiée. Le RN veut des vassaux qui doivent demander l'autorisation, qui font ce qu'on leur dit de dire", comme Éric Ciotti, insiste Éric Zemmour. "Moi je n'ai pas l'âme d'un vassal", ajoute-t-il. "Si vous voulez vraiment une union des droites, il faut voter Reconquête".
Pour Éric Zemmour, "il faut globalement travailler plus". Mais "nous sommes paradoxalement le pays d'Europe où les gens qui travaillent beaucoup sont les gens qui travaillent le plus. Donc il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac", développe-t-il, pointant un problème "d'assistanat".
Mais "historiquement, "le peuple français n'est pas un peuple d'assistés. C'est le système qui a perverti les gens. Nous avons un système qui puni le travail et qui favorise l'inactivité. nous devons faire l'inverse".
Éric Zemmour s'est également exprimé sur le sujet du narcotrafic. "Nous sommes dans une France mexicanisée", fustige-t-il, soulignant une logique "mafieuse", avec cette spécificité que nos trafiquants viennent du Maghreb. "Il faut une réponse policière et juridique". "Les opérations 'place nette' sont ridicules", juge-t-il.
Eric Zemmour propose d'instaurer des "peines planchers" et de réduire le rôle du juge d'application des peines. "Il faut qu'ils aillent en prison, qu'ils restent en prison", a-t-il affirmé.
Il propose également d'étendre la déchéance de nationalité aux trafiquants de drogue. "Je fais la même chose pour les terroristes et les trafiquants", explique-t-il, estimant qu'ils doivent être "renvoyés chez eux".
L'ancien candidat à la présidentielle cite l'exemple de l’Italie dans la lutte contre la mafia, jugeant que "la France devrait s'en inspirer, y compris avec une mobilisation plus forte des moyens de l'État".
"Dans les années 1950, il y avait quatre cotisants pour un retraité. Aujourd'hui, il y en a 1,7 et on va tomber à 1,2 puisqu'il y a beaucoup moins d'enfants et beaucoup plus de retraités. Le système de répartition est condamné, on ne peut plus le financer. Donc, soit on augmente les cotisations, soit on diminue la retraite des gens. Ça, il n'en est pas question".
Alors, pour régler le problème, il faudra "augmenter la durée de travail et donc le fait de partir plus tard à la retraite". Éric Zemmour propose de réfléchir à un nouveau système : "On fait un système avec la durée de travail. Aujourd'hui, on est à 43 ans de cotisation, on peut augmenter à 44, 45, 46 ans. Mais on ne tiendra pas comme ça. Il faut aussi injecter, dans notre système de répartition une partie de capitalisation. Les gens financent eux-mêmes leur retraite".
"Cette question du pouvoir d'achat révèle que les Français se sont appauvris", constate Éric Zemmour. Se basant sur le PIB : "Nous sommes passés depuis un an ou deux dans la deuxième moitié des pays de l'UE". "Dans les années 50, notre PIB était la moitié de celui des États-Unis, nous les avons rattrapés dans les années 70-80 et aujourd'hui nous sommes revenus à la moitié".
Globalement, "les Français ne donnent pas une production de travail suffisante, notamment parce que les jeunes entrent sur la marché trop tard et les gens âgés sortent trop tôt". Fustigeant les dépenses outrancières du gouvernement, Éric Zemmour l'assure : "le pouvoir d'achat ce n'est pas l'argent qu'on vous donne, c'est l'argent qu'on ne nous donne pas".
Le président de Reconquête propose "une baisse des dépenses publique massive, baisse des charges sociales, baisse des impôts". "Je pense qu'il faut au minimum 100 milliards par an de baisse des dépenses publiques", estime-t-il, se disant notamment pour une suppression de la politique de la ville. Deuxièmement, "il faut baisser également les charges sociales", et dans le même temps "travailler plus". "C'est une politique globales qu'il faut mettre en oeuvre".
Face à la flambée des prix du carburant, Éric Zemmour "propose de baisser d'un tiers l'accise" sur les produits pétroliers, "que je financerais par une baisse des dépenses".
Par ailleurs, Éric Zemmour ne croit pas du tout à l'aide publique au développement (APD), qui englobe l'ensemble des financements accordés par le gouvernement à des pays en développement ou à des organisations internationales, dans le but de favoriser le développement économique et le bien-être des populations.
Depuis des années, "cette aide a été dévoyée en une aide idéologique", fustige-t-il, citant notamment l'aide pour l'application des théories de genre en Jordanie. "C'est de la propagande".
"Je pense qu'on ne peut pas être 100% africain ou algérien et 100% français". Rappelant ses origines algériennes, Éric Zemmour considère que sa famille "a fait l'effot d'assimiler la culture, les moeurs, l'histoire... Aujourd'hui je ne suis plus d'Algérie, je suis 100% français".
"Je pense que nous avons fait l'erreur d'accepter la binationalité", estime-t-il. "Il faut impérativement dire aux gens qui sont binationaux qu'ils ne doivent absolument pas transgresser les lois de la république française. Il y a beaucoup de binationaux qui sont en prison. Ceux là je considère qu'il faut les décoir de la nationalité française et les renvoyer chez eux".
Pour Éric Zemmour, il y a des solutions. Prenant l'exemple de l'Algérie, il estime qu'il faut accepter le rapport de force. "On peut bloquer les transferts d'argent en Algérie et intedire aux dignitaires algériens de venir se faire soigner en France". Si ça ne marche pas : "Nous pouvons financer d'autres pays qui accepteront nos OQTF", propose-t-il.
Éric Zemmour est également auteur de "La messe n'est pas dite", dans lequel il rappelle que l'identité de la France repose sur la religion chrétienne et sur une tradition gréco-romaine. "Je pense que si nous voulons sauver notre identité, notre pays, nous devons nous réaproprier notre culture d'origine", développe-t-il ce mardi au micro de La France en face.
"Seul les occidentaux pensent qu'il faut mondialiser et renoncer à sa culture pour mieux mondialiser. (...). S'il veut se sauver l'Occident doit redevenir occidental".
"Quand j'ai été candidat en 2022, j'ai pensé que je ne pouvais pas resté impuissant et spectateur dans une situation aussi tragique", estime ce mardi Éric Zemmou, ajoutant : "Si je suis candidat j'espère ne pas rater ma candidature". "Pour la présidentielle, nous verrons...", fait-il savoir.
Auteur du livre "Le Suicide français", un essai alarmiste qui défend la thèse d'un affaiblissement progressif de l'État-nation français de 1970 à la date de sa publication, Éric Zemmour estime qu'"il y a une attente de comment en est-on arrivé là". Alors que'il dresse le constat d'une France impuissante, pour lui, "rien ne s'est amélioré".
"Nous avons participé à notre destruction", analyse-t-il. "Aujourd'hui, j'écris pour mobiliser", ajoute-t-il.
Ce mardi soir, Éric Zemmour, président de Reconquête, est l'invité de "La France en face". Il répondra à toutes les questions de Laurence Ferrari et de Pierre de Vilno en direct sur Europe 1 et CNews.