Alors que l’exécutif tente de reprendre la main après les émeutes du 17 octobre, les critiques se multiplient contre le gouvernement, jusque dans les rangs de la macronie. Entre tensions politiques et chute dans les sondages, le bloc central apparaît de plus en plus fragilisé.
Depuis le week-end dernier, l’exécutif tente de reprendre la main. Cellule interministérielle de crise, déplacements des ministres sur le terrain et promesse de fermeté pour les manifestations à venir : le gouvernement multiplie les initiatives. Mais cette réponse peine à convaincre, tant la classe politique que l’opinion publique. L’affaiblissement de la macronie semble de plus en plus palpable.
"Monsieur le ministre, vous avez perdu le contrôle"
Un président à l’étranger et un gouvernement aux abois, pris pour cible mardi à l’Assemblée nationale par les oppositions. "Monsieur le ministre, vous avez perdu le contrôle, vous l’avez avoué. Cessez de vous défausser sur les autres, répondez aux revendications et démissionnez", réclame Manuel Bompard, au nom de La France insoumise.
"Êtes-vous en capacité de maintenir l’autorité légale de l’État et d’empêcher un effondrement généralisé, en attendant qu’une nouvelle présidente remette la France en ordre ?", interroge de son côté Laure Lavalette, pour le Rassemblement national.
La contestation gagne également les rangs de la macronie. "Je suis sidérée de voir à quel point le gouvernement ne tient rien", lâche ainsi Élisabeth Borne lors d’une réunion du groupe des députés Renaissance.
La macronie ne parvient plus à imposer son récit
Pour tenter d’apaiser les tensions, Sébastien Lecornu a convoqué les représentants des partis politiques à Matignon pour mercredi. Mais Marine Le Pen, Jordan Bardella et Éric Ciotti ont déjà annoncé qu’ils ne s’y rendraient pas.
La macronie ne parvient plus à imposer son récit, et ses héritiers en paient le prix dans les sondages. Selon une première enquête de l’Ifop réalisée après les émeutes du 17 octobre, Édouard Philippe chute à 12% d’intentions de vote dans certaines configurations, tandis que Gabriel Attal tombe à 5%. Un symbole de l’érosion, lente mais réelle, du bloc central.