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Émeutes : «Certains d'entre eux viennent régler des comptes avec la société, les flics et la France», assure Jérôme Fourquet

[[DIMITAR DILKOFF / AFP]]

Invité de Europe 1 Matin, Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégie de l'Ifop, a livré son analyse sur les émeutes survenues lors des mobilisations du week-end dernier. Selon lui, les violences observées résultent de profils différents, mêlant militants d'ultragauche, pillards organisés et jeunes attirés par "les grands frissons de l'émeute". Certains participants viendraient même, estime-t-il, "régler des comptes avec la société, les flics et la France".

Invité de Europe 1 Matin, Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégie de l'Ifop, estime que les violences survenues lors des mobilisations du week-end dernier ne peuvent être réduites à un seul profil de casseurs. Selon lui, une partie des émeutiers est animée par une logique de revanche visant la société, les forces de l'ordre et, pour certains, la France elle-même.

"Il y a différents profils"

Au micro de Europe 1 Matin, Jérôme Fourquet a d'abord appelé à distinguer plusieurs catégories d'acteurs parmi les participants aux violences. "Je pense qu'il y a différents profils", explique le directeur du département Opinion et Stratégie de l'Ifop.

Selon lui, un premier groupe est constitué de militants de "l'ultra gauche autonome", qu'il décrit comme "rodés à la guérilla urbaine" et s'en prenant en priorité "aux symboles de l'État et du capitalisme", notamment les banques, les agences immobilières ou les compagnies d'assurance.

L'essayiste évoque également la présence de "bandes de délinquants chevronnées" qui auraient appliqué "un plan méthodique de saccage et de pillage".

"Les grands frissons de l'émeute"

Au-delà de ces groupes organisés, Jérôme Fourquet décrit la présence d'un nombre important de jeunes venus, selon lui, rechercher "les grands frissons de l'émeute". Il évoque "cette ivresse de la toute-puissance" et le fait de devenir "les maîtres de la ville et des beaux quartiers l'espace d'une journée".

"Ceux-là sont d'abord mus, de mon point de vue, par des pulsions destructrices, cette volonté aussi d'en découdre, de venir se servir", poursuit-il.

L'analyste souligne également l'importance de la mise en scène sur les réseaux sociaux, affirmant que certains participants se filment devant des commerces dégradés ou exhibent leur butin après les pillages.

"Dimension politique"

Pour Jérôme Fourquet, ces violences ne relèvent toutefois pas uniquement du vandalisme ou de l'opportunisme. "Ce qui est derrière tout ça aussi, c'est une dimension politique", affirme-t-il.

"On peut débattre sur le fait que, sans doute, certains d'entre eux viennent, entre guillemets, régler des comptes avec la société, avec les flics, avec parfois, pour certains d'entre eux, la France", déclare-t-il.

L'auteur de Homo Occidentalis, que sommes-nous devenus ? y voit également "une espèce de revanche", portée par le sentiment de pouvoir imposer sa loi et s'affranchir temporairement des règles collectives.

Enfin, il juge que l'affaiblissement du sentiment d'appartenance à la collectivité nationale peut contribuer à expliquer le passage à l'acte de certains participants aux violences.