Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégie de l'Ifop, estime que les violences observées lors des mobilisations du week-end dernier ne relèvent plus de phénomènes isolés. Invité d'Europe 1 Matin, il affirme qu'une véritable "culture de l'émeute" est désormais à l'œuvre en France, portée par des groupes organisés qui profitent de grands rassemblements sociaux, sportifs ou festifs pour se livrer à des scènes de pillage et de guérilla urbaine.
Invité de Europe 1 Matin, le directeur du département Opinion et Stratégie de l'Ifop, Jérôme Fourquet, estime que les violences observées lors des mobilisations du week-end dernier s'inscrivent dans un phénomène plus large. Selon lui, une véritable "culture de l'émeute" se développe désormais à l'occasion de rassemblements revendicatifs, sportifs ou festifs.
"Des individus nombreux, déterminés, organisés"
Pour Jérôme Fourquet, les scènes de pillages et de violences observées récemment ne constituent plus des épisodes isolés. Au micro de Europe 1 Matin, l'analyste décrit un phénomène récurrent qui se reproduit désormais lors de nombreux événements publics. "Quand des grands rassemblements ont lieu, qu'il s'agisse de mouvements revendicatifs, d'événements sportifs ou encore d'événements festifs [...], des individus nombreux, déterminés, organisés, se livrent à des scènes de guérilla urbaine et de pillage", affirme-t-il.
Selon lui, ces violences suivent une méthode de plus en plus rodée. "On voit se répéter ces scènes, ces scènes qui montent en intensité", poursuit-il, évoquant notamment des commerces dégradés, des pillages et des affrontements avec les forces de l'ordre.
"Une pratique de l'émeute"
Au-delà des chiffres et des dégradations, Jérôme Fourquet estime que ces épisodes traduisent l'apparition d'un comportement collectif durable. "Des milliers et des milliers d'individus [...] se sont donnés rendez-vous pour s'adonner à cette pratique de l'émeute", observe-t-il. Avant de résumer sa thèse en une formule : "Une culture de l'émeute" qui "s'installe progressivement dans notre pays".
L'auteur d'Homo Occidentalis, que sommes-nous devenus ? souligne que ce phénomène dépasse désormais le seul cadre des manifestations sociales. Il cite également le 14-Juillet, le réveillon du Nouvel An ou encore Halloween parmi les événements où ces violences ont pu être observées.
Une culture qui se greffe aux mobilisations sociales
L'analyste remarque enfin que cette "culture de l'émeute" peut venir se superposer à des mouvements sociaux d'ampleur. Évoquant la mobilisation du week-end dernier, il relève qu'elle témoigne d'"une colère sociale dans le pays", tout en estimant que les scènes de pillage ont largement éclipsé les revendications portées par les manifestants pacifiques.
Pour Jérôme Fourquet, la difficulté réside désormais dans la coexistence de ces deux réalités : d'un côté des mobilisations revendicatives classiques, de l'autre des groupes organisés venus participer à des violences urbaines.