EDITO - Fin du grand débat : Emmanuel Macron enfermé pour préparer son allocution

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A quelques heures de l'allocution d'Emmanuel Macron devant apporter les réponses au grand débat, Michaël Darmon dévoile les coulisses de la préparation de cette dernière ligne droite, qui doit être la première pierre de "l'Acte 2" du quinquennat d'Emmanuel Macron. 
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Aux termes de trois mois d'un "grand débat national" initié à la suite de la crise des "gilets jaunes", Emmanuel Macron doit enclencher la fin de cette séquence. Des réponses à un contexte social difficile sous la forme d'une allocution prévue ce soir à 20 heures au cours de laquelle il annoncera "les chantiers d'action prioritaires et avancera les premières mesures concrètes", a précisé dimanche la présidence. Notre éditorialiste Michaël Darmon est revenu lundi, sur les coulisses de cette dernière ligne droite, qui doit être la première pierre de "l'Acte 2" du quinquennat d'Emmanuel Macron. 

"À côté de celui de Paris, c’était l’autre marathon du week-end : celui de l’Élysée. L’équipe présidentielle a été mobilisée depuis vendredi et les proches conseillers n’ont pas quitté le président. On a souvent raconté à ce micro comment Emmanuel Macron était à la recherche des décisions capables de doucher la mobilisation des 'gilets jaunes'. De la part de plusieurs sources, la tension était palpable autour du président : pas question de rater la sortie du grand débat. 

Samedi en fin de journée, les grandes orientations commençaient à s’affiner. Rendez-vous était donné dimanche, en fin après-midi midi, pour les derniers calages, puis Emmanuel Macron déclenche la phase politique : tête-à-tête avec Édouard Philippe à 19 heures, et dîner de ministres. Parmi eux : Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Marc Fesneau ou encore Jacqueline Gourault. Christophe Castaner étant excusé pour cause de déplacement à Mayotte.

"Cette fois, pas question de laisser le gouvernement en dehors du jeu comme le 10 décembre, quand les ministres ont entendu les mesures d’urgence à la télévision"

Des arbitrages, notamment sur les questions fiscales, ont été pris à ce moment-là. C’est un signal donné pour la méthode : cette fois, pas question de laisser le gouvernement en dehors du jeu comme le 10 décembre, quand les ministres ont entendu les mesures d’urgence à la télévision. Selon ses proches, Emmanuel Macron tient à mobiliser tout l’appareil politique pour bien faire comprendre que des chantiers profonds vont être engagés, comme il va le dire ce soir aux Français.

Il y aura d'abord des annonces liées aux préoccupations des Français exprimées dans le grand débat. C’est le premier étage de la fusée. Le plus délicat, car la fusée devra partir droite : les mesures doivent être comprises et parler directement de la vie quotidienne des Français. C'est la condition pour pouvoir poser la suite du discours : l’annonce, selon l’Elysée, d’une refondation sur le long terme dans la manière de prendre des décisions de gouverner et d’organiser la vie démocratique. Bref, de tenter de réconcilier les Français et leurs dirigeants. Et là-aussi on peut distinguer un signal.

Mercredi, Emmanuel Macron tiendra une conférence de presse, la première à l’Élysée depuis son élection. Le signe d’un changement à l’égard du rôle de la presse, un corps intermédiaire qui n’avait pas les faveurs du président au début de son mandat. S’exposer aux questions des journalistes pour préciser, et même dit-on, faire de nouvelles annonces peut se lire comme un changement de méthode. 

La semaine dernière était celle du Premier ministre en lever de rideau, cette semaine place au président. Sous la pression des 'gilets jaunes' et de la crise de croissance du macronisme, Emmanuel Macron entame peut-être sa propre révolution."

Europe 1
Par Michaël Darmon, édité par Ugo Pascolo