Scooters électriques et forfait vélos : les services de l'État entament leur virage écolo

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Emmanuel Macron veut faire de l'écologie l'un des points importants de la seconde moitié de son mandat. 2:05
Emmanuel Macron veut faire de l'écologie l'un des points importants de la seconde moitié de son mandat. © CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP
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Emmanuel Macron veut faire de l'écologie l'un des points importants de son mandat. Le chef de l'Etat préside mercredi un Conseil de défense écologique à l'Elysée. Les mesures annoncées concernent essentiellement l'écologie du quotidien ce qui, selon la directrice du programme climat de l'Iddri, ne renseigne pas sur la manière d'atteindre les objectifs climatiques.

Le chef de l'Etat préside mercredi un Conseil de défense écologique à l'Elysée. En tout, il devrait consacrer deux jours à la question du changement climatique avec des visites en Haute-Savoie et au Mont-Blanc. Aucune mesure choc n'a pour l'instant été annoncée et l'attention se fixant essentiellement sur la transition écologique dans les services de l'Etat. Une liste de vingt mesures écologiques obligatoires, concernant 2,4 millions d'agents de l'Etat, a été publiée. Elle comprend par exemple un forfait mobilité de 200 euros par an pour les personnes se déplaçant à vélo ou en covoiturage. Le Président veut aussi montrer l'exemple à l'Elysée : des scooters électriques sont mis disposition, plus de repas bio vont être servis et une gourde va être offerte à chacun des collaborateurs.

Pour Lola Vallejo, directrice du programme climat de l'Institut du développement durable et des relations internationale (Iddri), invitée d'Europe 1, rendre les services publics éco-responsables constitue un "pas important". Mais la chercheuse s'empresse de tempérer : "Le vrai levier du gouvernement, c’est de donner des feuilles de route à tous les ministères pour atteindre les objectifs climatiques."

Protection du front de mer

Une série de mesure doit également être annoncée concernant les 5.000 à 50.000 logements en péril le long du littoral. La ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne, veut donner aux élus les outils pour identifier les zones qui seront menacées, dans les trente ans à venir, par les submersions ou les inondations. Elle assure que des habitants devront être relogés dans des secteurs protégés et qu'il seront accompagnés financièrement. Mais la tâche est immense.

"Il n’y a pas assez de moyens techniques et financiers donnés aux acteurs locaux [aux intercommunalités] pour permettre la mise en œuvre de ces actions", regrette Lola Vallejo. Cette dernière poursuit : "Il faudrait de plus en plus de soutien financier pour permettre de déclasser et de racheter les terrains concernés, il faudrait aussi investir dans des actions de dialogue avec les parties prenantes locales. Ce sont des projets extrêmement sensibles sur le plan politique."

Yves le Quellec, de France nature environnement Vendée, renchérit en ajoutant à la complexité de la question : "Sur nos littoraux, il y a aussi 160 établissements de santé, des écoles, des centres de secours, des voies de communication, des voies routières, des voies ferrées et des zones industrielles qui sont également très exposés." Le problème est selon lui sous-estimé. "Ce qu’il va falloir surveiller c’est dans quelle mesure ces annonces [du Conseil de défense écologique] sont suivies d’effets", conclue Lola Vallejo.

Europe 1
Par Virginie Salmen édité par Antoine Cuny-Le Callet