Bercy prévoit plusieurs milliards d'euros d'économies pour limiter le déficit public, avec des coupes ciblant notamment la Justice et l'Intérieur. Police et administration pénitentiaire seraient touchées, même si les crédits restent négociables via des "surgels" entre les ministres et Matignon.
Les ministères de la Justice et de l’Intérieur vont-ils voir leur budget raboter ? C’est en tout cas la trajectoire budgétaire préconisée par Bercy qui cherche 4 milliards d’euros d’économie pour éviter un nouveau dérapage du déficit public.
Les Armées sont épargnées mais Beauvau perdrait 600 millions d’euros et Vendôme un peu plus de 400 millions d’euros. Cela peut étonner compte tenu des engagements de l’exécutif à renforcer la justice et la sécurité. Par ailleurs, une source au sein du ministère de l’Intérieur ne confirme "absolument pas ces chiffres. Les arbitrages sont toujours en cours", insiste-t-on.
Bercy souhaite raboter des postes pourtant prioritaires
Deux postes annoncés comme prioritaires mais qui se voient rabotés par la trajectoire budgétaire de Bercy. La police nationale perdrait ainsi 237 millions d’euros. L’administration pénitentiaire devrait économiser 370 millions d’euros à elle seule.
"Devrait", parce que rien n’est encore joué. La majeure partie des coupes sont ce qu’on appelle des "surgels". Cela veut dire que c’est à chaque ministre d’aller, au fil de l’eau, négocier à Matignon le dégel de tel ou tel crédit.
L’année dernière, par exemple, Gérald Darmanin, a gagné l’intégralité de ses arbitrages. Une négociation au cas par cas va donc s’ouvrir entre Sébastien Lecornu et ses ministres.
Pour Laurent Nunez, ce sera son premier exercice du genre. Il faudra bien scruter ce qu’il en ressort, car en fonction de l’enveloppe finale allouée, on pourra en déduire le poids politique de chaque ministre au sein du gouvernement. Un capteur qui ne manquera pas d’être commenté, à l’approche de la présidentielle.