Déremboursement des médicaments anti-Alzheimer : "Une décision purement médicale", défend Agnès Buzyn

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Quatre médicaments prescrits contre l'Alzheimer, ainsi que leurs génériques, ne seront plus remboursés à compter du 1er août. Malgré les protestations des associations de malades, la ministre de la Santé assume.
INTERVIEW

La décision est parue vendredi matin au Journal officiel. Les médicaments anti-Alzheimer, jugés insuffisamment efficaces et potentiellement risqués, ne seront plus remboursés par l'Assurance maladie à compter du 1er août. Invitée dans la Matinale d'Europe 1 vendredi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a défendu son positionnement.

"Les experts de la HAS sont indépendants". "C'est une décision purement médicale. Ces médicaments ont été évalués deux fois par la Haute autorité de santé (dont une fois pendant la période où Agnès Buzyn en était la présidente, ndlr). Par deux fois, des experts ont estimé que ces médicaments étaient plus nocifs que bénéfiques pour les patients, et qu'il fallait ne plus les rembourser", a-t-elle expliqué. Cette mesure concerne quatre médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) et leurs génériques. Dès son annonce lundi, elle avait suscité les protestations de l'association France Alzheimer, ainsi que des sociétés savantes de neurologie et de gériatrie. "Les experts de la Haute autorité de santé sont indépendants, et ils considèrent que ces médicaments sont toxiques. Je suis suivie par un grand nombre d'associations de professionnels de santé, parmi lesquels des généralistes", martèle Agnès Buzyn.

Pourquoi les médicaments contre Alzheimer ne seront plus remboursés ?

"Pas un sujet financier". Mais face à l'inquiétude des malades et de leurs familles, la ministre tente de rassurer. "Je suis un avis scientifique, mais je ne veux pas que les gens pensent que c'est un sujet financier. Tout l'argent économisé sera réorienté vers l'accompagnement des personnes atteintes de maladie d'Alzheimer, soit pour les centres mémoire, soit pour le secteur médico-social qui les prend en charge. Il n'y aura aucune économie faite sur le dos des malades", a-t-elle certifié. En France, 850.000 à 900.000 personnes seraient touchées par Alzheimer et les maladies apparentées.

Europe 1
Par Anaïs Huet