Dans les Guignols, Chirac le Poulidor et Balladur sûr de lui, "un duo de comédie formidable"

  • A
  • A
La marionnette de Jacques Chirac dans Les Guignols, ici aux côtés de celle de Patrick Poivre d'Arvor, est restée dans les annales.
La marionnette de Jacques Chirac dans Les Guignols, ici aux côtés de celle de Patrick Poivre d'Arvor, est restée dans les annales. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Partagez sur :
Jean-François Halin, auteur des Guignols et créateur de la formule "Mangez des pommes", est revenu vendredi sur Europe 1 sur la marionnette de Jacques Chirac.
INTERVIEW

On dit souvent qu'elle a beaucoup contribué à "cooliser" l'image de l'ancien président, décédé jeudi. Elle, c'est la marionnette des Guignols de Jacques Chirac, celle qui surnommait Bernadette "maman", s'impatientait à l'approche de la prochaine présidentielle ("putain, deux ans") et surnommait Edouard Balladur "couille molle". Vendredi, sur Europe 1, l'un des auteurs de l'émission parodique, Jean-François Halin, est revenu sur ce duel à la ville devenu un "duo de comédie formidable" sur le petit écran dans les années 1990.

"On a un personnage qui avait perdu deux fois de suite la présidentielle (en 1981 et 1988), qui avait une image de loser, de Poulidor", rappelle-t-il au micro de Philippe Vandel à propos de Jacques Chirac. De l'autre côté, "Edouard Balladur marchait sur l'eau, ne montrait pas d'affect, était sûr de lui". Un clown énervé et un clown blanc qui ont fait rire des milliers de téléspectateurs.

"On travaillait sur l'image publique des personnages"

Le slogan "Mangez des pommes", devenu célèbre d'abord sur le plateau du faux journal télévisé du Patrick Poivre d'Arvor de cire, avant d'être repris par le Jacques Chirac de chair et d'os, est né après que les auteurs des Guignols ont constaté la présence d'un pommier sur le livre-programme du candidat. "Nous, on travaillait sur l'image publique des personnages. Notre PPDA avait reçu Jacques Chirac et trouvé que ce livre était vide. En revanche, il y avait un petit pommier devant. C'est donc devenu son slogan dans les Guignols pour contrer la vacuité de son programme."

À la question de savoir si cela a contribué à améliorer l'image d'un Jacques Chirac pourtant largué dans les sondages pour l'élection de 1995, et participé à son improbable "remontada", Jean-François Halin répond sèchement. "Je pense que TF1 a fait plus de mal à la France en trente ans que les Guignols." Lui n'a jamais rencontré l'ex-président, en dépit de multiples invitations à déjeuner. "On ne voulait pas rencontrer les personnes [parodiés à l'écran] pour ne pas interférer avec le travail", justifie-t-il.