Congrès à Versailles : "Macron a voulu parler de tout, et il n'a rien dit", tacle Retailleau

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Bruno Retailleau, patron des sénateurs Les Républicains, estime qu'Emmanuel Macron n'a pas fixé de ligne directrice claire lors de son intervention devant les parlementaires réunis en Congrès lundi.

INTERVIEW

Un discours fleuve qu'il résume en un mot : "Beaucoup trop long !". Bruno Retailleau, patron des sénateurs Les Républicains n'a pas vraiment goûté la seconde intervention d'Emmanuel Macron devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles lundi : "1h30, ce n'est pas respecter son auditoire. Surtout, il a voulu parler de tout, et finalement il n'a rien dit", déplore-t-il au micro de la matinale d'Europe 1.

Un discours trop long et trop vague. "Rien de précis ni de concret", balaye encore le sénateur de la Vendée, pour qui le chef de l'Etat "a ouvert beaucoup de portes et a eu beaucoup de considérations générales, aussi vastes que la galerie des Glaces du Palais de Versailles".

"Son élection avait fait naître un espoir et désormais les Français sont passés de cet espoir à un doute, et il n'a pas répondu", relève l'ancien bras droit de François Fillon. "Les Français ont le sentiment, partagé par une grande partie des classes moyennes, qu'Emmanuel Macron travaille pour ceux qui réussissent, pour ceux qui sont les grands gagnants de la mondialisation", pointe-t-il. "Il y a des secteurs sur lesquels il n'aime pas s'exprimer. Par exemple le régalien, la justice. On n'a pas tourné la page du laxisme de madame Taubira", tacle notamment l'élu.

"Un clin d'œil à Jean-Luc Mélenchon". Alors que la prise de parole d'Emmanuel Macron a été critiquée pour son horizontalité, les parlementaires n'ayant pas le droit de répondre au chef de l'Etat après son intervention, ce dernier a indiqué vouloir modifier la Constitution pour qu'à l'avenir un dialogue puisse s'instaurer. Une proposition en forme de coup de com' pour Bruno Retailleau : "En réalité, c'est un clin d'œil à Jean-Luc Mélenchon. C'est toujours le même petit jeu entre eux. Emmanuel Macron choisit ses opposants, les plus radicaux possibles, pour que l'alternance soit impossible", s'agace le Républicain, tandis que les élus de la France insoumise et du Parti communiste ont boycotté lundi le discours du président.

Vers un "président-Premier ministre". Surtout, Bruno Retailleau dénonce le risque d'une telle réforme du point de vue de la séparation des pouvoirs. "C'est une proposition parfaitement fantaisiste, parce qu'elle touche à l'ADN, au cœur des institutions de la Cinquième République. Tout simplement parce que le Premier ministre est responsable devant le Parlement, devant les parlementaires. C'est au Premier ministre d'assumer cette fonction", veut-il rappeler. "Le président de la République est, lui, responsable devant le peuple. Ce que propose Emmanuel Macron, c’est une sortie de régime, une sortie de la Cinquième République !", alerte le sénateur. "Il ne se contente plus d'être un président-monarque, il veut cumuler, être un président-Premier ministre", conclut Bruno Retailleau.