Clémentine Autain réclame des "moyens concrets" pour lutter contre les violences sexuelles

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La députée France Insoumise a salué, samedi sur Europe 1, la libération de la parole des femmes et sa prise en compte par Emmanuel Macron. Tout en craignant que le plan du gouvernement reste caduc en raison du manque de moyens.

Des lois et des dispositifs, c'est bien. Des moyens pour les mettre en oeuvre, c'est mieux. Invitée sur Europe 1 samedi matin, la députée France Insoumise Clémentine Autain a réagi à la présentation, plus tard dans la matinée, d'un plan gouvernemental contre les violences sexistes et sexuelles. Et l'élue s'est inquiétée par avance d'un manque de "moyens concrets".

"Besoin de moyens concrets". "Qu'Emmanuel Macron réponde au mouvement de société (la parole des femmes libérée après l'affaire Weinstein, ndlr), j'ai envie de dire heureusement", a expliqué Clémentine Autain. "C'est ce que nous attendons des politiques. Mais maintenant que cette parole se libère, nous avons besoin de moyens concrets. Ce qui m'inquiète, c'est d'avoir un plan avec des mesures législatives mais sans moyens afférents."

Manque de formation et d'accompagnement. Le plan de lutte propose plusieurs éléments, notamment la possibilité de déposer une pré-plainte en ligne en cas d'agression. "Pourquoi pas, cela peut être tout à fait utile", a concédé Clémentine Autain. "Mais derrière, il faut qu'on ait des moyens humains pour traiter ces plaintes et accompagner ces femmes." La députée, qui a publiquement dit, il y a dix ans, avoir été victime de viol, a pris son cas en exemple pour souligner le manque de formation des forces de l'ordre. "Quand j'ai porté plainte, c'est un homme qui a pris ma plainte, et c'était sa première plainte pour viol. Il n'était pas du tout formé, il a demandé d'arrêter la plainte au milieu car c'était très violent pour lui, et il est allé fumer une cigarette. C'est le monde à l'envers. Je ne lui en veux pas du tout, mais si nous ne sommes pas capables d'accompagner, les femmes ne peuvent pas être reçues correctement."

Justice, association et inspection du travail. Au niveau de la justice, mais également de l'inspection du travail et des associations, Clémentine Autain estime qu'il faut renforcer les moyens. "La justice est très lente car ses moyens ne sont pas au rendez-vous. Et surtout, c'est ce tissu nécessaire des associations qui doit être renforcé. On veut lutter contre les violences et le harcèlement au travail, mais si vous laminez l'inspection du travail, alors il n'y aura pas de solution."

Europe 1
Par M.B.