"C’est très douloureux de se rendre compte que l’on n’a pas réussi à apaiser" la France, reconnaît Agnès Buzyn

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Agnès Buzyn veut renforcer les services hospitaliers de proximité.
Agnès Buzyn veut renforcer les services hospitaliers de proximité. © LUDOVIC MARIN / AFP
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Pour sortir par le haut de la crise des "gilets jaunes", Agnès Buzyn prône le dialogue et estime que le "grand débat national" va permettre aux Français "d'être entendus".

Malgré une mobilisation en baisse, l'"acte 6" des "gilets jaunes", qui s'est tenu samedi dans toute la France, a encore été marqué par de nouvelles scènes de violence, notamment sur les Champs-Élysées où des policiers ont été pris à partie. Un climat de tension extrême qui attriste Agnès Buzyn. "Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir avec le sentiment d’une fracture sociale, d’un pays malade. Et c’est très douloureux de se rendre compte que l’on n’a pas réussi à l’apaiser, que les violences verbales et physiques se sont au contraire répandues", regrette la ministre des Solidarités et de la Santé, dans une interview accordée au Journal du Dimanche.

"Le grand débat va permettre aux Français d’être entendus". Pour sortir par le haut de cette crise, Agnès Buzyn appuie la méthode prônée par Emmanuel Macron depuis plusieurs semaines : le dialogue. "Les Français font preuve d’intelligence collective mais peuvent aussi se braquer. Nous devons fournir un effort supplémentaire pour concerter, écouter", lance-t-elle, alors que la grande concertation nationale promise par le président doit débuter en janvier. "Le grand débat national qui s’engage sur des thèmes conformes aux revendications des 'gilets jaunes', comme la dépense publique ou la citoyenneté, va permettre aux Français d’être entendus. Nous devrons tenir compte de ce qui sera dit pour les transformations à engager", martèle Agnès Buzyn.

La ministre des Solidarités estime que ce grand débat transverse va être productif. "Nos objectifs de départ étaient parfaitement en phase avec les revendications des 'gilets jaunes'", assure Agnès Buzyn. "Quand il s’est présenté à la présidentielle, Emmanuel Macron expliquait que les Français devaient vivre décemment de leur travail. D’où la hausse de la prime d’activité et la baisse des cotisations salariales", souligne-t-elle dans le JDD. Selon la ministre, la vraie question de cette concertation sera : "Comment choisit-on les dépenses publiques qui sont indispensables ? Les services publics qu’on renforce, ou ceux que les Français veulent voir évoluer ?".

"Nous allons investir dans près de 600 hôpitaux de proximité". "Ce que demandent les Français, c’est que l’on transforme le pays pour qu’il fonctionne mieux", poursuit Agnès Buzyn. "Les revendications des 'gilets jaunes' portent sur des dépenses jugées trop importantes, alors que dans le même temps, ils ne bénéficient plus, près de chez eux, des services publics auxquels ils ont droit." La ministre des Solidarités recommande donc "de construire un État plus efficace, plus proche des attentes des citoyens, recentré sur ses missions principales". Dans le domaine de la santé, "nous allons investir dans près de 600 hôpitaux de proximité pour éviter qu’ils ne dépérissent et pour qu’ils deviennent des établissements attractifs et ouverts sur la ville", précise-t-elle.

Pour autant, Agnès Buzyn n'annonce pas de geste supplémentaire en faveur de la fonction publique hospitalière. "Dans la fonction publique hospitalière, le plan santé, que je porte, vise à redonner du sens à leurs missions. Les agents veulent un hôpital qui retrouve du souffle. Je ne suis pas sûre que leur problématique soit seulement indemnitaire ou salariale", estime la ministre. "Les fonctionnaires sont éligibles à la prime d’activité, notamment ceux de catégorie C, ce qui représente près de 600.000 personnes, ainsi que des heures supplémentaires sans impôts ni charges. Cela s’ajoute à l’effet des mesures déjà décidées", rappelle Agnès Buzyn.