Un amendement LFI, adopté en commission des finances, propose d'augmenter de 20% la rémunération des enseignants du public en retirant 8,3 milliards d'euros au financement du privé sous contrat. L'enseignement catholique y voit "une déclaration de guerre". Le texte doit désormais être examiné dans l'hémicycle.
Un amendement de La France insoumise, adopté la semaine dernière en commission des finances de l'Assemblée nationale, propose d'augmenter de 20 % la rémunération des enseignants du public. Pour cela, il prélève 8,3 milliards d'euros, soit la totalité du budget prévu pour le financement de l'enseignement privé sous contrat.
Adopté grâce aux voix d'une gauche allant jusqu'au PS, et en l'absence des députés de droite, il doit maintenant être examiné en séance publique. L'enseignement catholique dénonce une "déclaration de guerre".
Une ligne politique assumée chez LFI
Chez les Insoumis, la remise en cause du financement de l'école privée est une ligne politique assumée. Dans son programme, LFI promet d'"abolir les privilèges de l'enseignement privé". À l'Assemblée, c'est le député Paul Vannier qui est à la manœuvre. En 2024, il proposait déjà de réduire de 10 à 50% les financements des établissements privés qui ne rempliraient pas certains objectifs de mixité sociale.
L'an dernier, il expliquait vouloir conditionner les 9 milliards d'euros versés chaque année au privé à des critères sociaux et scolaires.
"Une déclaration de guerre"
La semaine dernière, c'est l'un de ses amendements qui a été adopté en commission, et il retire à lui seul 8,3 milliards d'euros au programme du privé. Pour l'enseignement catholique, la ligne rouge est franchie. "Ce qui était un slogan est devenu un vote", dénonce son président, Pierre-Vincent Guéret, qui y voit une "déclaration de guerre".