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Budget 2027 : Sébastien Lecornu demande un effort sur les dépenses de l'Etat pour «l'exemple»

Sébastien Lecornu a demandé mardi à ses ministres un effort supplémentaire sur les dépenses en 2027. [STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

À quelques jours du séminaire gouvernemental consacré au budget 2027, Sébastien Lecornu demande à ses ministres un effort supplémentaire sur les dépenses de l’État. Le Premier ministre veut les maintenir au même niveau qu’en 2026, alors que le gouvernement cherche 30 milliards d’euros d’économies.

Sébastien Lecornu a demandé mardi à ses ministres un effort supplémentaire sur les dépenses en 2027, qu'il veut "strictement au même niveau" de celles de 2026, continuant d'égrener ses mesures pour trouver 30 milliards d'euros d'économies.

Dans un courrier à ses ministres, le Premier ministre annonce avoir rouvert les "lettres-plafonds" qui fixent le montant maximum des dépenses des ministères, afin que celles de l'État, hors défense, soient maintenues "strictement au même niveau" que celles de 2026.

 "Effort supplémentaire"

Il explique cette décision par "un nouveau choc" sur les prix de l'énergie lié à la guerre au Moyen-Orient, qui "pèse" sur les entreprises et le pouvoir d'achat, devenu un thème majeur de la campagne présidentielle, alors que les appels à la mobilisation contre la vie chère font craindre une résurgence de mouvements du type des "gilets jaunes".

Cet "effort supplémentaire", selon Sébastien Lecornu, vise à "préserver des marges de manoeuvre" politiques pour le débat parlementaire qui s'annonce enflammé sur les budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale, dans un contexte de finances publiques dégradées aussi par la hausse des taux d'intérêt de la dette.

Au titre déjà de "l'exemplarité" et pour préparer symboliquement les esprits à des "décisions difficiles", le Premier ministre avait annoncé vouloir réduire les indemnités de ses ministres.

"Voies d'un accord"

Pour trouver des économies et réduire le déficit, le gouvernement entend mettre à contribution les retraités à hauteur de 6 milliards d'euros, même s'ils "ne porteront pas l'effort central" du budget, a assuré sa porte-parole Maud Bregeon.

Le gouvernement étudie en priorité deux pistes: la désindexation des pensions les plus élevées par rapport à l'inflation ou la suppression partielle voire totale de l'abattement de 10% sur les pensions et rentes dont bénéficient les retraités. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a évoqué une troisième voie : augmenter le taux de CSG sur les pensions, pour qu'il se rapproche de celui payé par les salariés.

Les ministres concernés entament cette semaine des consultations sur le sujet avec les groupes politiques, Sébastien Lecornu les incitant à "rechercher, partout où cela est possible, les voies d'un accord".

"Stabilité fiscale"

Car face aux différents cas de figure pour faire passer le budget (vote, 49.3, loi spéciale ou ordonnances), il ne veut se "laisser enfermer dans aucun scénario", sa "seule boussole" étant de "parvenir à un compromis" pour "disposer d'un budget dans des délais raisonnables".

Outre les retraités, Sébastien Lecornu avait évoqué une "réforme" des arrêts maladie et engagé en août un déremboursement des médicaments jugés inefficaces.

Au nom de la "stabilité fiscale", Sébastien Lecornu n'a pas non plus supprimé la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises, qui rapporte 8 milliards d'euros par an. Il a juste concédé de la "diminuer" espérant préserver une politique de l'offre qu'il estime source de croissance. Autant de pistes qui seront sur la table du séminaire gouvernemental jeudi.