Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Budget 2027 : Lecornu et le PS se confrontent, le RN veut aller «au débat»

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé que l'adoption d'une motion de rejet déposée par les socialistes sur le budget 2027 serait "le plus mauvais signal" que peut envoyer l'Assemblée nationale. Cette adoption semble toutefois peu probable, puisque les députés du Rassemblement national ne devraient pas la voter.

Un feu rouge immédiat au budget de l'État serait "le plus mauvais signal" que peut envoyer l'Assemblée nationale, a lancé mardi Sébastien Lecornu, tentant, en vain, de convaincre les socialistes de renoncer à une motion de rejet, même si celle-ci ne devrait pas fonctionner en l'absence de soutien du RN.

Le PS estime que le gouvernement n'a montré "aucune inflexion"

Les députés PS, qui avaient permis le passage du budget de l'État l'an passé en ne censurant pas le Premier ministre, sont partis cette année sur une position bien plus offensive. Ils défendront, probablement dans la soirée, une motion de rejet préalable au projet de budget pour 2027, estimant que le gouvernement n'a montré "aucune inflexion" envers eux cette année, notamment sur "la mise à contribution des plus riches et la préservation des plus modestes".

Dans la matinée mardi, Sébastien Lecornu a adressé une réponse par courrier aux chefs de groupe et à la direction du PS : "Le plus mauvais signal que l'Assemblée nationale pourrait envoyer serait celui du refus de la discussion budgétaire", assure-t-il.

Le pensionnaire de Matignon propose d'avancer avec les socialistes sur au moins trois chantiers : les "violences faites aux femmes et protection des enfants", l'"agriculture", et "la jeunesse et l'avenir de notre école". Avec toutefois un impératif : rester sur une trajectoire de déficit public à 5% du PIB en 2027.

La fin de non-recevoir socialiste n'a pas tardé : "le Premier ministre (Sébastien Lecornu) se moque de nous", a estimé le porte-parole Arthur Delaporte. Sa collègue Mélanie Thomin a reproché au chef du gouvernement une "porte fermée à toute mesure de justice fiscale au nom de la sacro-sainte stabilité".

"Pas de cadeau" à Lecornu, dit le RN

Si le reste de la gauche votera la motion de rejet préalable, qui portera sur la partie recettes du budget, le RN a annoncé qu'il voterait "contre", enterrant ses chances de succès.

Le RN sera particulièrement scruté : s'il vote contre, la motion sera sans doute rejetée et l'examen du texte commencera normalement. S'il vote pour, elle sera sans doute adoptée, renvoyant l'ensemble du texte en première lecture vers le Sénat. "On votera contre", a confirmé à la mi-journée le député Jean-Philippe Tanguy, chef de file sur les questions budgétaires pour le groupe de Marine Le Pen.

En cas d'adoption, la motion aurait valu rejet immédiat de tout le projet de budget, le renvoyant vers le Sénat. "Nous voulons aller au débat, et "nous ne ferons pas (le) cadeau au gouvernement macroniste de ne pas aller le confronter" dans l'hémicycle "en particulier à quelques mois de l'élection présidentielle", a poursuivi Jean-Philippe Tanguy en conférence de presse, défendant le contre-budget de son groupe.