Brice Hortefeux sur l'attaque à la préfecture de police : "Je ne crois pas au loup solitaire"

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L'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a réagi sur Europe 1 au profil de l'auteur de l'attaque à la préfecture de police de Paris, qui a fait quatre morts jeudi. 
INTERVIEW

L'enquête sur Mickaël Harpon, l'auteur de la tuerie à la préfecture de police de Paris, avance, mais le degré de radicalisation de l'informaticien de 45 ans continue de poser question. "Je ne crois pas au loup solitaire. Il y a toujours, ou presque toujours, un environnement (qui pousse à l'acte, ndlr) qui peut être familial, professionnel, ou sportif", a estimé l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, interrogé mardi soir sur Europe 1. 

"Le moindre petit signal doit être interprété comme un signal fort"

Mickaël Harpon a fréquenté la mosquée de Gonesse, qui n'était "pas considérée comme salafiste". Selon le procureur antiterroriste, les investigations ont toutefois "permis d'établir des contacts entre l'auteur des faits et plusieurs individus susceptibles d'appartenir à la mouvance islamiste salafiste", une branche ultraconservatrice de l'islam sunnite.

"Concernant les salafistes, les chiffres sont implacables. Il y avait quelques centaines de salafistes dans les années 2000, environ 5.000 en 2004. Aujourd’hui, il y en aurait 40.000, avec environ 130 mosquées identifiées comme telles, dont une vingtaine en région parisienne", a précisé le député européen LR. "Certaines mosquées salafistes sont toujours actives. Et là, nous avons la preuve de dysfonctionnements majeurs. Il y a des leçons à tirer de comportements individuels. Aujourd’hui, le moindre petit signal doit être interprété comme un signal fort", a assuré Brice Hortefeux.

"Dans la police, on ne s'attend pas à ce qu'un collègue s'en prenne à son propre service" 

Mickaël Harpon a également eu "une vive querelle" avec un collègue au sujet de l'attentat qui a visé la rédaction de Charlie Hebdo, en janvier 2015. "C'est bien fait", aurait-il déclaré. Plusieurs témoignages affirment également qu'il ne serrait plus la main des femmes ni ne les embrassait, probablement depuis son mariage en 2014, sans manifester toutefois "d'animosité à leur endroit". Aucun de ces éléments n'avait cependant été officiellement rapporté. "Dans la police, on ne s’attend pas à ce qu’un collègue s’en prenne au service lui-même. À ma connaissance, ça ne s’était jamais produit. S’il y avait une appréhension, c’était davantage dans les milieux militaires que policiers", a commenté Brice Hortefeux.

"Je ne demande pas la démission de Christophe Castaner" 

Le député européen a également refusé d'appeler à la démission de Christophe Castaner, sous le feu des critiques d'une grande partie de la droite et de l'extrême droite. "Je ne demande pas la démission du ministre de l’Intérieur, car je sais combien cette responsabilité est difficile. Mais oui, il y a eu une erreur dans la rapidité de la réponse qu’il voulait apporter. Il aurait dû d’abord s’exprimer en termes de compassion vis-à-vis des victimes et s’en tenir à un état des lieux de ce qu’il savait."