Assurance chômage : "C'est une réforme brutale et injuste, qui va créer plus de pauvres", estime Michel Sapin

, modifié à
  • A
  • A
Michel Sapin, ancien ministre de l'Economie 4:50
Michel Sapin, ancien ministre de l'Economie © Europe1.fr
Partagez sur :
Alors que rentre en vigueur la réforme de l'assurance chômage, l'ancien ministre de l'Economie Michel Sapin se montre sur Europe 1 très dur avec le gouvernement, qu'il accuse "de taper sur les plus faibles". 

Invité de la matinale d'Europe 1, l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande, Michel Sapin, s'est montré très critique à l'égard du gouvernement, dont la réforme de l'assurance chômage entre en vigueur vendredi.

Une réforme "qui tape sur les faibles"

Pour Michel Sapin, cette réforme est "brutale" et "injuste". "Elle va créer plus de pauvres", selon celui qui est devenu avocat, pourtant pas opposé à une réforme sur le sujet, "pour que cela marche mieux ou pour lutter contre les abus". Il regrette notamment qu'avec ce projet, qui concerne 850.000 personnes sur les quelques 6 millions d'inscrits à Pole Emploi, le gouvernement "tape sur les plus faibles" plutôt que sur "ceux qui ont plus de moyens". La faute, selon Michel Sapin, au Président de la République, à qui il reproche "l’échec organisé" du dialogue social. Emmanuel Macron "a créé toutes les conditions pour qu'il ne puisse pas y avoir d'accord", ni de la part du patronnat, ni de la part des organisations syndicales. Cela a donné "toute liberté au gouvernement de prendre des mesures que les partenaires sociaux n'auraient jamais voulu négocier", explique-t-il. 

"Quand il s'agit de taper sur les chômeurs, on le fait, mais sur la question des retraites, qui concerne beaucoup plus de monde, on est beaucoup plus prudent", ironise Michel Sapin, alors que le gouvernement semble se tourner désormais pour sa reforme des retraites, vers une clause du grand-père, qui ne concernerait que les nouveaux entrants sur le marché du travail, en janvier 2020. "Une réforme qui n'est pas acceptée provoque toujours un contre-coup", dit l'ancien ministre, qui conseille de "toujours passer par la négociation", sous peine de faire face à une vive contestation. A l'image "des gilets jaunes" dont se souvient Michel Sapin, arrivés "après une réforme de la CSG qui n'a pas été accepté", provoquant "un recul massif" du gouvernement.

 

 

Europe 1
Par Cédric Chasseur