Alors que l'ancien Premier ministre Édouard Balladur est décédé ce lundi 31 août, il réagissait, au micro de Nikos Aliagas, à la crise "gilets jaunes". Conseiller social de Georges Pompidou lors de Mai-68, il estimait que le mouvement avait "tout intérêt à éviter la violence" pour se faire entendre du gouvernement.
Sans organisation, le "mouvement risque de se terminer en feu de paille". "Je pense qu'en mai 1968, la tâche était peut-être plus facile qu'elle ne l'est aujourd'hui", jugeait l'ancien Premier ministre Édouard Balladur au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1, en 2018. La figure de la droite républicaine est décédée, ce lundi 31 août, à l'âge de 97 ans.
À cette époque, il jugeait que le problème des "gilets jaunes" vient du fait qu'il n'y ait "pas d'interlocuteur".
Il pointait par ailleurs "un foisonnement de revendications et une absence de coordination au sein du mouvement de protestation". Sans organisation ni représentants du côté des "gilets jaunes", "leur mouvement risque de se terminer en feu de paille qui ne laissera que des déçus, des gens attristés et qui ne résoudra rien", estimait-t-il encore.
En cas de nouvelles violences, "tout dialogue serait rendu impossible"
La solution pour sortir de cette crise qui est "à la fois sociale, politique et d’abord et avant tout morale" passe par le dialogue, jugeait Édouard Balladur. "Je pense qu’il faut se parler. Mais pour se parler, il faut que les conditions d’un dialogue efficace soient réunies", lâchait Édouard Balladur. Et "tout dialogue serait rendu impossible" en cas de nouvelles violences lors de la prochaine journée de rassemblement des "gilets jaunes".
Cela "peut très mal se terminer". "Les 'gilets jaunes' ont tout intérêt à éviter la violence." Le "meilleur moyen" pour cela est de "ne pas venir en masse à Paris", poursuivait ainsi l'ancien député de Paris, qui tient "à rendre hommage aux forces de l'ordre". Il se dit toutefois "très inquiet", car cela "peut très mal se terminer".
Il relève de "l'intérêt national" de "sortir" de cette crise, clamait Édouard Balladur, appelant les partis politiques à ne pas "profiter de la situation" : "Il ne faut pas s'imaginer que la politique du pire soit une bonne politique en pareille occurrence. En général, on en subit soi-même les conséquences et cela a été le cas en mai 68. Il faut que chacun se convainque que l'intérêt national doit primer toute autre considération."