L'ancien Premier ministre Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans. Europe 1 vous propose de plonger au cœur des archives pour en apprendre plus sur la figure emblématique du PS, notamment sa vision sur la présidence de la République.
Une légende de la vie politique française. Ce dimanche 22 mars 2026, Lionel Jospin s'est éteint à l'âge de 88 ans. L'ancien Premier ministre de 1997 à 2002 est resté jusqu'au bout une figure très respectée de la politique, aussi bien par les alliés que par les adversaires, malgré sa défaite historique lors du premier tour de la présidentielle 2002 (16,5%), doublé par Jean-Marie Le Pen (17,79%).
Le fondateur du Front national (aujourd'hui Rassemblement national, ndlr) s'était finalement qualifié pour le second tour afin d'affronter Jacques Chirac, qui l'emportera avec un score historique de 82,21% des voix.
Pour l'occasion, Europe 1 a plongé au cœur des archives de Lionel Jospin. La figure emblématique du Parti socialiste avait notamment exprimé sa vision sur la présidence de la République.
"Je dois impulser un changement dans les pratiques politiques"
D'abord le 28 février 1995 dans l'émission Découvertes, au micro de Pascale Clark et Michel Field. La présidence de la République "est une solitude dont il faudrait qu’elle exprime quelque chose de beaucoup plus vaste, plus collectif, et dans laquelle il ne faut pas s’enfermer. Ces institutions de la Vème République sont très dangereuses, elles provoquent comme une espèce de confinement, elles mettent celui qui s’y installe à une hauteur qui le coupe du reste".
"Quand j’ai dit que je voulais être un président citoyen, ça ne veut pas dire que je veux pas être pleinement le président de la République française, mais que je dois partir de ma position, impulser un changement dans les pratiques politiques, faire que les hommes et les femmes de ce pays deviennent davantage acteurs de leur propre vie", expliquait Lionel Jospin.
L'ancien Premier ministre avait, quelques années plus tard, soit en mars 2002 et un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle, de nouveau détaillé sa vision de la présidence au micro de Jean-Pierre Elkabbach.
"C’est une proposition qui m’engage pour le futur"
"Il faut considérer que lorsqu’on est en campagne électorale et qu’on fait des propositions, on est déjà dans la présidence. Il doit y avoir un lien étroit entre ce qu’on propose et ce qu’on fera quand on sera aux responsabilités. Chaque parole que je tiens, je dois être habité par l’esprit que je la mettrai en œuvre. Cela n’est pas un propos de campagne, c’est une proposition qui m’engage pour le futur", estimait-il.
Et de conclure : "Il ne faut pas simplement que cela séduise, mais que pendant cinq ans on ait une raison sérieuse de penser que cela pourra fonctionner. Je parle pour moi. Une fois qu’on est président, le président doit veiller au respect des grandes orientations qu’il a prises devant le pays."
Finalement, Lionel Jospin sera éliminé dès le premier tour, brisant le rêve de la gauche d'un retour à l'Élysée après François Mitterrand. Un fiasco qui détruira prématurément la carrière politique de l'ancien Premier ministre.