Affaire des "écoutes" : Sarkozy dénonce "une accumulation de manquements et dysfonctionnements"

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Dans l'affaire Paul Bismuth, du nom sous lequel une ligne téléphonique avait été ouverte pour Nicolas Sarkozy, le Parquet national financier a cherché à savoir qui avait indiqué à l'ancien président et à Thierry Herzog qu'ils étaient écoutés.
Dans l'affaire Paul Bismuth, du nom sous lequel une ligne téléphonique avait été ouverte pour Nicolas Sarkozy, le Parquet national financier a cherché à savoir qui avait indiqué à l'ancien président et à Thierry Herzog qu'ils étaient écoutés. © ERIC PIERMONT / AFP
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L'ancien président Nicolas Sarkozy a également réclamé sur Twitter "le respect de l'État de droit" après la révélation, par l'hebdomadaire Le Point, d'investigations d'ampleur menées par le parquet national financier (PNF) sur des ténors du barreau, pour tenter d'identifier une "taupe" éventuelle dans l'affaire dite des "écoutes".

Nicolas Sarkozy a dénoncé jeudi une "invraisemblable accumulation de manquements et de dysfonctionnements" après la révélation, par l'hebdomadaire Le Point, d'investigations d'ampleur menées par le parquet national financier (PNF) sur des ténors du barreau, pour tenter d'identifier une "taupe" éventuelle dans l'affaire dite des "écoutes".

Nicolas Sarkozy demande le respect de "l'État de droit"

"En réaction aux révélations du Point, je n'exprime qu’une seule demande : le respect de l’Etat de droit", a affirmé sur twitter l'ancien chef de l'Etat, qui doit être jugé dans l'affaire "des écoutes" en fin d'année. "En conséquence, toute la vérité doit être établie sur les circonstances qui ont permis cette invraisemblable accumulation de manquements et de dysfonctionnements", a-t-il ajouté. L'ancien président, qui s'exprime rarement sur les réseaux sociaux, a signé le tweet de ses initiales NS.

Cinq ans d'investigations en catimini

Selon l'hebdomadaire, le PNF a enquêté en vain, entre 2014 et 2019 et notamment via des investigations en catimini sur des ténors du barreau de Paris, pour identifier la "taupe" éventuelle qui aurait informé Nicolas Sarkozy et son avocat Me Thierry Herzog de l'existence d'écoutes les visant.  L'existence de cette enquête, parallèle aux investigations dans l'affaire dite des "écoutes", était connue et dénoncée de longue date par la défense de l'ancien président et de son conseil, mais pas son contenu ni l'ampleur de la surveillance de tous ces avocats.

Des fadettes épluchées et des avocats géolocalisés

Selon Le Point, les factures téléphoniques détaillées ("fadettes") de nombreux ténors du barreaux et de leurs collaborateurs ont été épluchées, ainsi que celle d'une magistrate ou des lignes fixes du PNF. Certains avocats ont même été géolocalisés. Ces révélations ont ulcéré jeudi les avocats concernés. Me Dupond-Moretti a annoncé sur LCI une "plainte" contre ces "méthodes de barbouzes". 

Le procès doit se tenir du 23 novembre au 10 décembre

Le procès de Nicolas Sarkozy pour corruption dans l'affaire dite des "écoutes", qui devait initialement se tenir en octobre, se déroulera finalement du 23 novembre au 10 décembre. Dans cette affaire, l'ancien chef de l'Etat est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir début 2014, par l'entremise de Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de l'ancien haut magistrat à la Cour de cassation Gilbert Azibert dans une procédure en marge de l'affaire Bettencourt, en échange d'un coup de pouce pour un poste à Monaco.