Affaire Benalla : Collomb explique pourquoi il n'a pas saisi la justice

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© FRANCOIS GUILLOT / AFP
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"Ce n'est pas au ministre qu'il appartient de le faire", a-t-il expliqué lundi lors de son audition lundi matin par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale. 

Arrivé un peu après 10 heures devant les membres de la commissions des lois de l’Assemblée nationale, Gérard Collomb a été invité lundi à faire la lumière sur les événements du 1er mai, impliquant un proche d’Emmanuel Macron. "Il ne saurait être question que quiconque puisse prendre une part active, hors de tout cadre légal, aux interventions de police", a déclaré le ministre de l'Intérieur, alors qu'Alexandre Benalla, membre du cabinet du président de la République, a été filmé aux cotés de CRS en train de frapper un manifestant. "Quel que soit le contexte, et je pense qu’il était violent, c’est inadmissible", a-t-il ajouté.

Des faits "contraires à mes valeurs". "Je tiens à réaffirmer que je condamne avec la plus grande fermeté les actes de monsieur Benalla, que ce soit pendant ou après le 1er mai", a insisté Gérard Collomb, lors d’un propos liminaire aux interrogations des membres de la commission des lois, investis des pouvoirs d’enquêter dans cette affaire. "Ils ont en tous points contraires à mes valeurs et à ce que je souhaite impulser au ministère depuis ma prise de fonction", a-t-il poursuivi, confirmant avoir été informé des faits imputés à Alexandre Benalla le 2 mai, par son directeur et son chef de cabinet.

Pourquoi n'a-t-il pas saisi la justice ? "On m’a reproché de ne pas avoir saisi le procureur de la république en vertu du code de procédure pénale à la vue de la vidéo concernant monsieur Benalla. Mais ce n’est pas au ministre qu’il appartient de le faire", a souligné le locataire de la place Beauvau, assurant en revanche que le cabinet du président de la République avait été aussitôt informé par ses services. Il est en effet reproché au ministre un manquement à l'article 40 du Code de procédure pénale, qui dispose que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs".

"Je m’inscris dans la lignée de mes prédécesseurs". "Alexandre Benalla ne faisant pas partie des effectifs sous mon autorité, le cabinet du président de la République et la préfecture de police disposant de toutes les informations nécessaires pour agir, j’ai considéré que les faits signalés étaient pris en compte au niveau adapté", a encore fait valoir l’ancien maire de Lyon. "Je n’ai d’ailleurs transmis depuis ma prise de fonction un seul article 40 à la justice pour une infraction prévue par la loi de 1881 sur la liberté de la presse", a-t-il également tenu à indiquer, assurant qu’il s’agissait là d’un usage courant place Beauvau. "De ce point de vue, je m’inscris dans la lignée de mes prédécesseurs qui ne l’ont pour la plupart utilisé que pour des délits relatifs à la loi de 1881 sur la liberté de la presse".

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"Je suis attaché à ce que toute la lumière soit faite par les différentes enquêtes en cours", a encore déclaré Gérard Collomb. "Je le suis d’autant plus que les forces de l’ordre ont été légitimement affectées par cet épisode", a-t-il conclu.