Affaire Benalla : pour Benjamin Griveaux, "quelques parlementaires veulent se faire l'équipe du président"

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Pour le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, la véhémence des députés d'opposition dans l'affaire Benalla n'est que le signe d'une tentative de règlement de comptes politique.
INTERVIEW

Les critiques fusent autour de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, chargée d'entendre les protagonistes de l'affaire Benalla. Les méthodes de sa présidente, la députée LREM Yaël Braun-Pivet, sont largement contestées par l'opposition, ainsi que par le co-rapporteur, l'élu LR Guillaume Larrivé. Depuis plusieurs jours, les échanges sont tendus.

"Pas un endroit pour les règlements de comptes". Pour Benjamin Grivaux, secrétaire d'État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement, ces bisbilles ne sont pas dignes de l'institution. "Je vais être cru : quelques parlementaires veulent se faire l'équipe du président de la République. Ils veulent se faire les collaborateurs d'Emmanuel Macron. Une enquête parlementaire, ce n'est pas un endroit où on fait des règlements de comptes politiques", a-t-il fustigé jeudi matin sur Europe 1.

Le manque d'impartialité supposé de Guillaume Larrivé. Benjamin Griveaux s'en est pris, ad nominem, à Guillaume Larrivé, qu'il accuse d'avoir évoqué "une police parallèle", "une organisation souterraine" à l'Élysée, "dès lundi matin, alors même que la commission d'enquête n'avait pas commencé". "Il s'est donc fait une idée avant même d'avoir auditionné le premier protagoniste de cette affaire. Ce n'est pas sérieux, ce n'est pas propre à la déontologie qu'on est en droit d'attendre sur cette affaire", dénonce le porte-parole du gouvernement. 

 

Les oppositions unies pour "bloquer le pays". Une image semble avoir choqué Benjamin Griveaux : celle du point presse commun improvisé mercredi par les membres de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, d'étiquettes politiques diverses. On y voit notamment Philippe Gosselin (LR), Danièle Obono (La France insoumise) et Marine Le Pen (Rassemblement national) dénoncer de concert la "mascarade" de cette commission. Pour le porte-parole du gouvernement, cette "coalition des oppositions" n'a qu'un but : "bloquer la transformation du pays".

"J'ai le sentiment que certains s'en réjouissent, et utilisent cette affaire dite Benalla pour ne pas avoir à travailler sur la révision constitutionnelle qui, d'ores et déjà sera renvoyée à la rentrée. Il n'est pas étonnant que ceux qui ne veulent rien changer, ceux qui ne veulent pas transformer le pays, qui sont les vrais conservateurs et qui veulent garder leur mandat, empêchent le travail parlementaire de se faire", a-t-il dénoncé, avant d'asséner : "Ce n'est pas à leur honneur".

Pas d'informations cachées. Pas question pour le porte-parole du gouvernement de reconnaître un défaut de communication de l'exécutif dans l'affaire Benalla. "Ce n'est pas un sujet de savoir si la communication est bonne", a-t-il balayé. "On a entendu depuis le début de la semaine le préfet de police de Paris, le ministre de l'Intérieur, le directeur de cabinet du président de la République, le directeur général de la police nationale, le directeur général de la gendarmerie nationale, le directeur de la sécurité de l'Élysée. Est-ce que vous trouvez qu'il y a des choses qui ont été dissimulées ? On a fait ça de manière très ouverte", assure-t-il.

Le comportement "irréprochable" de Benalla. Pas question non plus de charger la barque des critiques adressées à Alexandre Benalla. Mercredi, au cours d'un bain de foule, Emmanuel Macron a déclaré être "fier de l'avoir embauché à l'Élysée", considérant qu'il "était dévoué" et qu'il "avait un parcours différent".

"Nous cherchons à être exemplaires, ça ne veut pas dire que nous sommes infaillibles. Est-ce que le comportement inacceptable qu'a eu Alexandre Benalla ce jour-là (lors des manifestations du 1er-Mai, ndlr) efface le comportement qu'il a eu auparavant ?", interroge le secrétaire d'État. Et d'ajouter : "Je l'ai côtoyé lors de la campagne présidentielle, il a eu un comportement irréprochable. Est-ce que, parce que quelqu'un fait une faute, il faut le condamner sur la totalité de son existence ? Ça n'est pas supportable, ça n'est pas cela d'être dans un État de droit. Nous ne sommes pas dans une République qui condamne avant d'avoir entendu".

Europe 1
Par Anaïs Huet