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Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : le procès d'un animateur de 47 ans s'est ouvert à huis clos

La co-fondatrice de l'association SOS Périscolaire, Elisabeth Guthmann, s'exprimant face à la presse au premier jour du procès. [Kenzo TRIBOUILLARD / AFP]

Nicolas G., un animateur de 47 ans, est accusé de harcèlement sexuel sur neuf fillettes et d'agressions sexuelles sur trois d'entre elles. Toutes avaient 10 ans au moment où les faits ont été commis. L'agent avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire.

Le procès d'un animateur d'une école parisienne poursuivi pour agressions sexuelles sur mineurs s'est ouvert mardi après-midi à huis clos, le tribunal correctionnel de Paris ayant accédé à la demande des parents de restreindre la publicité de l'audience.

Tête baissée, visage dissimulé par une capuche noire et un masque chirurgical, l'animateur est entré dans la salle d'audience. Les débats se tiennent sans public ni presse pour permettent leur sérénité et de protéger les victimes âgées de 10 ans au moment des faits.

"On rentre ici dans l'intimité la plus profonde", avait fait valoir en début d'audience Me Julie Chalumeau, l'avocate de cinq des neuf fillettes qui mettent en cause cet animateur du périscolaire, alors que les parents de quatre autres anciennes élèves d'une classe de CM2 de l'école Titon, située dans l'est de la capitale, se sont présentés sans avocats.

L'homme leur racontait des histoires de viol

Nicolas G., 47 ans, qui n'a pas fait de déclaration à la presse à son arrivée au tribunal, répond de harcèlement sexuel à l'encontre des neuf et d'agressions sexuelles sur trois d'entre elles. Toutes avaient dix ans à l'époque des faits dénoncés, en 2024.

"La plus belle", "mon cœur", "mon trésor", avait-il coutume de surnommer les enfants, mais également de leur raconter des histoires de viol, de prendre l'une des élèves sur ses genoux ou de toucher la poitrine d'une autre. "Je te ferais des bisous partout si je pouvais", avait-il encore lancé à l'une des fillettes, dont certaines ont eu le courage de parler à la directrice, permettant l'existence de ce procès.

"Elles ont fait preuve d'une maturité, d'une lucidité remarquable. Leur démarche était aussi motivée par la volonté de protéger d'autres enfants, plus jeunes et plus vulnérables", a déclaré Pénélope, mère de l'une des victimes qui a pris la parole avant de rentrer dans la salle d'audience. "Comme le rappelle Édouard Durand, ancien directeur de la Ciivise, les enfants sont des gens sérieux, il est temps de les considérer comme tels et de leur donner les outils nécessaires pour comprendre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas, pour connaître les violences et pouvoir les nommer", a-t-elle ajouté.

L'agent avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire. "Nous espérons une condamnation exemplaire qui ouvrirait la voie à d’autres procédures et montrera le chemin", a réagi dans un communiqué le collectif SOS Périscolaire.

L'homme encourt jusqu'à 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende.

Emmanuel Grégoire promet une "transparence totale"

Car cette affaire est la première à être jugée depuis la mise au jour de violences répétées dans le périscolaire parisien : depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.

Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), a déploré un caractère "systémique". Face à l'ampleur du scandale, l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo avait engagé à la mi-avril un plan d'action d'un coût de 20 millions d'euros pour le périscolaire, "priorité absolue" de son début de mandat.

Il prévoit une simplification de la chaîne de signalement avec une cellule d'écoute dédiée et promet une "transparence totale" aux familles ainsi qu'une professionnalisation d'une filière précarisée - la grande majorité des 14.000 animateurs parisiens sont vacataires.

Mais "malgré une prise de conscience sur les défaillances du périscolaire, dans les écoles, concrètement, rien n'a changé", déplorent les 3.775 signataires, dont 2.331 parents, d'une lettre remise mardi à Emmanuel Grégoire, avec le soutien de SOS Périscolaire.  

Ils demandent au maire "d'allouer des moyens supplémentaires" à la filière, qui souffre d'un "manque chronique d'effectifs". Les syndicats de la profession appellent quant à eux à la grève entre le 11 et le 22 mai.