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Tuerie de Chevaline : la justice veut faire revenir les deux sœurs rescapées sur les lieux du drame

14 ans après la tuerie de Chevaline, le "pôle cold cases" du parquet de Nanterre envisage de faire revenir les deux sœurs survivantes sur les lieux du crime. [JEAN-PIERRE CLATOT / AFP]

14 ans après la tuerie de Chevaline, le "pôle cold cases" du parquet de Nanterre envisage de faire revenir les deux sœurs survivantes sur les lieux du crime. L'objectif est d'organiser une mise en situation avec entretien cognitif pour tenter de relancer l’enquête.

14 ans après la tuerie de Chevaline, l’affaire reste une énigme totale. Le "pôle cold cases" du parquet de Nanterre, qui a repris l’enquête il y a quatre ans, envisage désormais de faire revenir les deux sœurs rescapées sur les lieux du crime, en Haute-Savoie. 

Le 5 septembre 2012, trois membres de la famille al-Hilli, des Britanniques d’origine irakienne en vacances au bord du lac d’Annecy, sont froidement tués sur un chemin forestier près de leur voiture. Saad al-Hilli, son épouse Iqbal et la mère de cette dernière, Suhaila al-Allaf, sont abattus par un tueur qui n’a jamais été identifié. Un cycliste de la région, Sylvain Mollier, est également tué. 

Les deux filles de la famille, elles, ont survécu au carnage. Zainab, âgée de 7 ans à l’époque, a été grièvement blessée et frappée à la tête à coups de crosse par le tueur. Elle s’en est sortie. Sa petite sœur Zeena, 4 ans, a réussi à se cacher sous les jambes de sa mère et n’a pas été touchée. Aujourd’hui âgées de 18 et 21 ans, les deux jeunes femmes sont les seules survivantes directes de la tuerie. 

Pour les enquêteurs, chaque détail compte dans ce dossier hors norme

C’est pour cette raison que la justice française aimerait les faire revenir sur les lieux du drame. L’objectif serait d’organiser une mise en situation, accompagnée d’un entretien cognitif, afin de faire ressurgir d’éventuels détails susceptibles de relancer l’enquête. La démarche pourrait être précieuse, notamment parce que Zainab a été confrontée directement au tueur. 

À l’époque, la fillette lui avait même donné des coups de pied. Elle avait remarqué qu’il avait les ongles rongés, mais n’avait malheureusement pas pu distinguer son visage. Pour les enquêteurs, chaque détail compte dans ce dossier hors norme. Depuis 2012, de nombreuses pistes ont été explorées, sans permettre d’identifier le tireur. Le transfert du dossier au pôle cold cases de Nanterre a permis de relancer certaines investigations, mais le quadruple meurtre reste non élucidé. 

Cette mise en situation n’est toutefois, pour l’heure, qu’un projet. La justice française doit encore obtenir le consentement des deux jeunes femmes, ainsi que les fonds nécessaires pour organiser leur voyage en France.