Le procès de Félix Bingui, surnommé "Le Chat" et présenté comme l’ancien chef du clan Yoda à Marseille, s’ouvre ce lundi sous haute sécurité. Avec 19 autres prévenus, il est jugé dans un contexte de guerre sanglante contre la DZ Mafia, qui a fait des dizaines de morts.
À Marseille, un procès inédit s’ouvre ce lundi : celui de l'ancien chef du clan marseillais Yoda, concurrent direct de la DZ Mafia. La rivalité entre les deux groupes a fait plusieurs dizaines de morts dans la cité phocéenne, jusqu'à l'interpellation en 2024 de celui qu'on surnomme "Le Chat", Félix Bingui, qui comparaît donc avec 19 autres prévenus.
Un réseau "plein d'ambition"
Parti de rien, Félix Bingui a toujours eu les dents longues. L'enquêteur de l'Ofast et représentant syndical Unité, Franck Faraci, a déjà eu affaire au narcotrafiquant. "Dans les années 2008-2010, on l'avait eu en garde à vue pour trafic de stupéfiants, déjà à l'époque. Ce petit réseau, c'était un début. Il était plein d'ambition. Ils voulaient prendre des réseaux et d'ailleurs ils en ont pris. Ils avaient déjà la connaissance, louaient des véhicules, voulaient monter en grade", précise-t-il.
Ce dernier reconnaît que ça va être "un gros procès et très tendu". Car on ne réalise pas un tel parcours dans le crime sans se faire un certain nombre d'ennemis.
Un procès sous haute surveillance
C'est pourquoi le procès se tiendra sous très haute surveillance, selon Rudy Manna, porte-parole du syndicat Unsa Police.
"On parle quand même du présumé chef du clan Yoda. On n'est pas sur un petit délinquant de voie publique. On est sur un personnage qui évolue quand même dans le très haut de la sphère du trafic de stupéfiants. Donc oui, beaucoup de policiers seront engagés. Parce qu'on ne sait pas ce qui peut se passer : est-ce qu'il peut y avoir de la vengeance ? Tout ça, c'est à nous de le gérer", insiste le syndicaliste.
Pour rappel, pour la seule année 2023, les règlements de comptes entre narcotrafiquants ont fait 49 victimes à Marseille.