Dix-huit ans de réclusion criminelle ont été requis à Strasbourg contre un Franco-Mauricien jugé après onze ans de cavale, pour avoir tabassé à mort un ami en 2014 sur fond de trafic de drogue. L'homme, déjà condamné à 30 ans en son absence en 2024, est rejugé en première instance après son retour en France sous une fausse identité.
Dix-huit ans de réclusion criminelle ont été requis, à Strasbourg, à l'encontre d'un Franco-Mauricien, jugé après 11 ans de cavale pour avoir, en 2014, tabassé à mort un ami sur fond de trafic de drogue.
Malgré ses dénégations, la culpabilité de l'accusé est "parfaitement caractérisée", a soutenu l'avocat général Marc Picard, soulignant que la victime avait été "martyrisée" et "battue à mort dans des circonstances épouvantables".
Joelan Mootoosamy, 45 ans, comparaît depuis lundi devant la cour d'assises du Bas-Rhin pour torture ou acte de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner et séquestration suivie de mort.
En fuite à l'île Maurice depuis 10 ans
Pour ces faits, il a été condamné à 30 ans de réclusion en 2024, mais en son absence: il était alors en fuite à l'île Maurice depuis 10 ans.
Après son retour France en mars 2025, sous une fausse identité - il affichait alors l'intention de prouver son innocence - ce premier procès a été annulé et il est donc rejugé en première instance.
Le 30 mars 2014, Joelan Mootoosamy, le T-shirt maculé de sang, s'est arrêté devant un hôpital strasbourgeois au volant d'une camionnette, en a sorti le corps inerte de la victime, Anatole Luther Oligbo, avant de prendre la fuite, selon des images de vidéosurveillance.
L'homme de 30 ans, grièvement blessé à l'arcade sourcilière et au coude, décédera à l'hôpital.
Le suspect dévoile son lien avec le trafic de stupéfiants
Joelan Mootoosamy s'est ensuite exilé à Maurice, sous une fausse identité. Au procès, il a raconté s'être adonné au trafic de stupéfiants avec quatre "associés", dont il n'a pas donné les noms, et avoir recruté son ami proche comme "nourrice", pour lui faire cacher de la drogue chez lui moyennant rémunération.
Mais le jour de sa mort, Anatole Luther Oligbo a porté plainte à la suite d'un cambriolage chez lui. Les trente kilos de cannabis qu'il gardait, d'une valeur d'environ 60.000 euros, avaient disparu.
Selon Joelan Mootoosamy, ses associés ont alors soupçonné une "carotte", un coup monté pour s'approprier la marchandise, et l'ont menacé lui ainsi que son ami.
Dans la soirée, Anatole Luther Oligbo a été amené dans une station de lavage de voitures, où il a été roué de coups. Joelan Mootoosamy nie avoir été présent et a affirmé n'être venu qu'après coup, pour porter secours à son ami.