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Seize ans requis contre une islamiste radicale française, revenante de Syrie

[loic_venance_afp]

L'accusation a requis ce vendredi 16 ans de réclusion criminelle contre Vanessa Bérard, une islamiste radicale française de 38 ans. Elle est notamment accusée d'avoir joué un "rôle actif et opérationnel" au sein de l'Etat islamique en Syrie. 

L'accusation a requis vendredi seize ans de réclusion criminelle contre une islamiste radicale française pour avoir exposé "au pire" ses enfants en les emmenant en Syrie où elle a joué, selon les réquisitions, "un rôle actif et opérationnel" au sein de l'organisation Etat islamique (EI).

Outre ces faits de soustraction d'enfants et d'association de malfaiteurs terroriste criminelle, l'avocate générale a également demandé à la cour d'assises spéciale de Paris de condamner Vanessa Bérard, 38 ans, pour tentative de meurtre à Raqqa (Syrie) sur son conjoint épousé religieusement sur place, le jihadiste Mohamed Skalab, dans un contexte de violences conjugales.

Rapatriée en France en 2022

La magistrate a souhaité que cette peine soit assortie d'une période de sûreté des deux tiers interdisant tout aménagement de peine susceptible d'ouvrir la voie à une libération anticipée.

Durant les débats entamés mercredi, Vanessa Bérard, originaire de la région lyonnaise, n'a pas démontré qu'elle reconnaissait son "engagement jihadiste persistant tout au long de son séjour", achevé par son rapatriement en France en octobre 2022, selon le réquisitoire.

Ses deux filles, dont l'une était née en Syrie, ont été tuées dans un bombardement en 2017. Ses deux garçons, dont l'aîné né en France a témoigné au procès, ont passé trois ans avec leur mère dans les camps où étaient retenues les familles de jihadistes étrangers après la chute de Daesh. Ils ont "probablement été traumatisés à vie", selon l'avocate générale.

"Le chemin" que Vanessa Bérard "a accompli est réel mais il n'est pas terminé", a estimé l'avocate générale.

Un "jusqu'au-boutisme"

Durant les débats, Vanessa Bérard a raconté sa jeunesse atroce, entre maltraitance, placement en famille d'accueil puis en foyer, violences sexuelles et conjugales lourdes. Elle n'a pas contesté avoir été une islamiste radicale mais s'est employée à minimiser son niveau d'engagement jihadiste et à relativiser son allégeance à l'EI.

Avant 2019 et l'effondrement du "califat", elle n'a jamais exprimé le souhait de rentrer en France, se déplaçant jusqu'au bout au rythme du reflux jihadiste. L'avocate générale a insisté sur son "jusqu'au-boutisme".

Si l'avocate générale n'a pas contesté les violences conjugales, elle a estimé que le tir de Vanessa Bérard qui avait grièvement blessé son époux dans leur appartement de Raqqa en avril 2014 n'était pas une réponse proportionnée : Mohamed Skalab n'était pas armé et une zone vitale a été visée.

A la fin de son interrogatoire, Vanessa Bérard a dit savoir qu'elle allait "rester incarcérée de nombreuses années" et s'est engagée à "continuer à évoluer". Le verdict doit être rendu dans la soirée.