Au mois de mars dernier, un parent d’élève avait menacé un professeur d’EPS en lui assénant, durant un rendez-vous : "C’est comme cela qu’on fait une Samuel Paty." Poursuivi pour menace de mort et apologie du terrorisme, il vient pourtant d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Lyon. Les juges ont considéré que le caractère public de la menace n’était pas établi.
En cette rentrée scolaire, plusieurs affaires liées à des menaces contre des professeurs ont émaillé l'actualité. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a assuré ce mardi 15 septembre qu'""aucune violence contre un personnel de l’Éducation nationale ne sera tolérée" et qu'"aucune ne restera sans réponse".
Mais cette promesse est-elle tenable lorsque certaines décisions de justice aboutissent à des relaxes ? Il y a quelques mois, le père d’un collégien menaçait ainsi un professeur de sport en faisant référence à l’assassinat de Samuel Paty. Et pourtant, il vient d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Lyon.
Des propos "inadmissibles", mais pas de condamnation
La décision est tombée mardi 15 septembre, après un procès qui s’était tenu au mois de juin. Les faits, eux, remontent au mois de mars. Le père de famille avait sollicité un rendez-vous avec un professeur de sport et le principal du collège après une punition reçue par son fils en cours d’EPS.
Le père, très insistant, souhaitait obtenir des explications. Mais l’entretien a dégénéré et l’homme a fini par lancer au professeur : "C’est comme cela qu’on fait une Samuel Paty." Stupéfaits par ces propos, des membres de l’Éducation nationale ont porté plainte. Le père de famille a donc été poursuivi pour menace de mort et apologie du terrorisme.
Mais lors du prononcé de leur décision, le tribunal correctionnel, s'il a admis que les propos étaient "inadmissibles", a considéré que le caractère public de cette menace n'était pas établi puisque proférée dans un bureau fermé. Et donc, qu'il n'y avait pas eu d'apologie du terrorisme. Le tribunal qui a également tenu compte de l'attitude de cet homme qui, à la barre, a fait profil bas et est également apparu comme très peu religieux, sachant à peine qui était Samuel Paty.
À l’annonce de la décision, un professeur de ce collège de Feyzin (Rhône) a préféré ne pas réagir publiquement, afin de ne pas raviver les tensions, l’élève ayant adopté depuis la rentrée un bon comportement. L’enseignant déplore toutefois que les professeurs ne soient pas davantage soutenus par la justice dans ce type d’affaire.