Durant le procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty, un enquêteur de la sous-direction antiterroriste s'est exprimé ce jeudi sur la radicalisation progressive du bourreau du professeur, Abdoullakh Anzorov.
Une lente radicalisation constatée dans le cercle familial. Quatre hommes sont rejugés depuis lundi 26 janvier devant la cour d'assises spéciale de Paris, dont deux amis d'enfance d'Abdoullakh Anzorov, le terroriste islamiste qui a égorgé le professeur d'histoire-géographie en octobre 2020.
Deux autres hommes sont jugés, car à l'origine de la cabale lancée sur les réseaux sociaux à l'encontre de Samuel Paty. Ce jeudi 29 janvier dans la matinée, un enquêteur de la sous-direction antiterroriste s'est exprimé devant la cour. Il est revenu sur la radicalisation progressive d'Abdoullakh Anzorov.
Une radicalisation via les réseaux sociaux ?
Abdoullakh Anzorov, initialement peu assidu pour la prière, le devient six mois avant l'attentat. À la barre, le policier revient sur l'interrogatoire des parents du Tchétchène. Ils expliquent avoir vu leur fils se mettre à écouter des vidéos djihadistes à la maison.
Sur les réseaux sociaux, via son compte X (anciennement Twitter), le jeune Tchétchène relaie de la propagande islamiste le 6 septembre 2020, donc plus d'un mois avant les faits. Il menace un internaute israélien en écrivant "ta fin est proche".
Il s'abonne aussi à plusieurs comptes d'islamistes radicaux, à des comptes de combattants terroristes, notamment celui d'un membre de l'HTS, un groupe rebelle islamiste en Syrie. Quelques semaines avant l'attentat, il se renseigne également sur la manière de mourir en martyr : un projet que ne pouvaient pas ignorer ses amis.
Il leur partageait des vidéos de décapitation sur un groupe Snapchat intitulé "Étudiants en médecine". Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, deux accusés présents dans le box, faisaient partie de ce cercle proche. Ces deux hommes avaient donc constaté la radicalisation d'Abdoullakh Anzorov.