La procureure de Paris a annoncé jeudi avoir "lancé" des investigations, visant notamment le maire de la capitale Emmanuel Grégoire et sa prédécesseure Anne Hidalgo, des familles dénonçant l'absence d'action de ces responsables pour remédier aux violences sexuelles.
La procureure de Paris a annoncé jeudi avoir "lancé" des investigations, visant notamment le maire de la capitale Emmanuel Grégoire et sa prédécesseure Anne Hidalgo, des familles dénonçant l'absence d'action de ces responsables pour remédier aux violences sexuelles qu'elles imputent à des animateurs du périscolaire parisien.
"Les plaintes ont été reçues et les enquêtes ont été ouvertes, c'est ce que je peux vous indiquer aujourd'hui", a déclaré au micro de France Inter la procureure Laure Beccuau. "Nous avons plusieurs plaintes (...) de différentes origines qui ont été jointes et donc les investigations sont lancées", a-t-elle dit, précisant que "trois plaintes" avaient été reçues.
La dernière date de vendredi quand une quinzaine de familles, qui dénoncent des violences et atteintes sexuelles sur leurs enfants, ont annoncé avoir porté plainte contre la Ville de Paris et son édile socialiste Emmanuel Grégoire, ainsi que sa prédécesseure Anne Hidalgo (2014-2026) dont il fut l'adjoint pendant six ans. Patrick Bloche, qui fut en charge des affaires scolaires à l'Hôtel de Ville et premier adjoint d'Anne Hidalgo jusqu'en 2026, est également visé.
"Ce sont des enquêtes forcément longues"
Réunies autour du collectif MeTooEcole, ces familles, dont les enfants sont scolarisés dans des écoles des 9e, 11e et 15e arrondissements, demandent à la justice d'examiner ce que ces personnes savaient des dysfonctionnements dans le périscolaire.
La plainte évoque la mise en danger délibérée d'autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d'infraction sur les enfants, parfois âgés de deux à quatre ans. Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus par la Ville de Paris, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales sont par ailleurs en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, en milieu scolaire et périscolaire.
De nombreuses familles se sont indignées d'une lenteur judiciaire à leur apporter des réponses. "Ce sont des enquêtes forcément longues", a concédé jeudi Laure Beccuau. "Quelquefois, on dit de façon trop réductrice à mon goût que c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre", mais "une enquête bien faite peut permettre de lutter contre cette impression, et d'établir la vérité".