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Un pédocriminel multirécidiviste, libéré 8 ans après sa condamnation, sera logé près de sa victime

Au moment des agressions, l'homme avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits similaires. [© LOIC VENANCE / AFP]

À Rennes, la libération imminente d'un pédophile multirécidiviste provoque l'indignation de sa victime, Karine Jambu. L'homme va être libéré huit ans après sa condamnation à 30 ans de prison, en raison d'une confusion de peines. Une décision vécue comme une nouvelle épreuve par la victime et sa famille.

Une libération qui provoque la colère à Rennes. Une décision de justice suscite une vive émotion. Un pédophile multirécidiviste doit être libéré ce mardi 12 mai huit ans après sa condamnation à 30 ans de prison.

Cette sortie anticipée est liée au mécanisme juridique de la confusion des peines, qui permet de fusionner plusieurs condamnations prononcées dans des procédures distinctes.

Une décision que Karine Jambu, victime de cet homme durant son enfance, juge aujourd'hui "insupportable". Informée la semaine dernière, elle a appris que son violeur, qui l'a agressée entre ses 5 et 7 ans, était également autorisé à résider à Rennes, la ville où elle vit toujours.

Un homme déjà condamné avant les faits

Les faits de viols ont été commis par Roland B., un ami de la famille hébergé au domicile familial, où il dormait sur un canapé du salon.

Au moment des agressions, l'homme avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits similaires.

Lors de son procès en 2018, Roland B. comparaissait en état de récidive légale. Déjà condamné trois fois depuis 1997 pour des violences sexuelles comparables, il avait finalement écopé d'une peine de 30 ans de prison criminelle. Malgré cette condamnation, il doit donc désormais sortir après huit années de détention seulement.

"Cette libération, c'est moi qu’on met en prison"

Face au courrier de la juge annonçant cette remise en liberté, Karine Jambu s'est effondrée auprès de sa tante et mère adoptive, Laurence Brunet-Jambu, qui la soutient depuis des années.

"J'ai l’honneur de vous annoncer que votre violeur sort. C'est quoi la justice de mon pays ?", s'indigne cette dernière.

Depuis de nombreuses années, Laurence Brunet-Jambu mène un combat judiciaire pour faire reconnaître les souffrances subies par Karine, présentée comme la 16e victime de cet homme. La jeune fille aurait subi trois années de viols dès l'âge de 5 ans, dans un contexte familial particulièrement dramatique.

Même l'État a été condamné à quatre reprises pour déni de justice dans cette affaire.

Une pétition pour faire évoluer la loi

Pour la famille, cette remise en liberté représente une nouvelle violence. "On nous avait promis qu'il ne sortirait pas comme ça, et que s'il revenait vivre ici, ce ne serait pas à trois kilomètres de chez elle", déplore Laurence Brunet-Jambu. "C'est une infamie de plus pour Karine."

La tante de la victime s'inquiète également du risque de récidive. "À partir du moment où un prédateur prend du Viagra pour violer ses victimes, le risque de récidive est majeur. Toutes les petites filles de Rennes sont en danger."

En cause selon elles, le principe de la confusion des peines. Dans une pétition, Karine Jambu et sa tante demandent désormais aux parlementaires de faire évoluer la loi afin d'éviter que de telles situations ne se reproduisent.