Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«On est passé proche d’un drame» : un gendarme de Chantilly décoré après des tirs essuyés contre un dealer

Jason, gendarme du PSIG de Chantilly, devant une voiture de la caserne
Jason, gendarme du PSIG de Chantilly, devant une voiture de la caserne. [Europe 1]

Dix gendarmes seront décorés ce lundi à Paris lors de la journée "hommage aux héros de la gendarmerie", la plus importante de l’année pour l’institution. Parmi eux, Jason, militaire du PSIG de Chantilly, qui a riposté sous les tirs d’un trafiquant de drogue lors d’une opération judiciaire d’envergure menée en novembre 2024. Il doit recevoir la médaille de la gendarmerie nationale.

Une opération que Jason n’est pas près d’oublier. En novembre 2024, le militaire et ses collègues du Peloton de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie (PSIG) de Chantilly sont engagés dans une opération judiciaire coordonnée visant à interpeller, à son domicile, un individu impliqué dans un trafic de produits stupéfiants. Une intervention préparée durant plusieurs heures, tant sur le plan tactique que psychologique. "C’était une opération d’envergure", se souvient le premier de colonne. Plusieurs suspects doivent être interpellés simultanément.

Un dealer lourdement armé

Les renseignements ne font aucun doute : la cible des gendarmes est particulièrement violente et susceptible d’être armée. "Ce jour-là, on savait qu’il y avait des risques dus à la dangerosité de l’individu. On s’était préparé mentalement au pire. On est vraiment passé proche d’un drame." Jason progresse en tête de colonne. Au signal, un coéquipier positionné en tête d’une autre colonne frappe la porte à l’aide d’un bélier. À l’intérieur, le suspect ouvre immédiatement le feu avec une arme longue.

 Jason vérifie son matériel dont son gilet pare-balles, essentiel dans les interventions. Crédit image : Europe 1

Les balles frôlent les militaires. "L’usage des armes a frôlé mon collègue", précise-t-il. Pensant son camarade blessé, Jason riposte. Les gendarmes parviennent à pénétrer dans la maison. Le suspect finit par lâcher son arme et tente de se réfugier derrière un réfrigérateur avant d’être maîtrisé. L’intervention, malgré l’extrême tension, se solde sans blessé parmi les forces de l’ordre.

Une préparation mentale au pire scénario

Face à des trafiquants de drogue parfois lourdement armés, les militaires du PSIG s’entraînent intensivement. Mais l’entraînement ne se limite pas au maniement des armes. "Nous, il faut aussi qu’on se prépare mentalement et ça, ça prend énormément de temps", explique le gendarme. Un travail confirmé par leur hiérarchie : il s’agit "d’imaginer le pire dans chaque scénario pour être paré à toutes les éventualités".

Ce lundi, à Paris, dix gendarmes recevront une décoration dans le cadre de la journée "hommage aux héros de la gendarmerie", la plus importante de l’année pour l’institution. Cette cérémonie traditionnelle rend hommage aux huit militaires morts dans l’exercice de leurs fonctions et met également à l’honneur des "héros vivants" pour des actions menées ces derniers mois comme celle menée par le militaire qui se verra remettre la médaille de la gendarmerie nationale.

"Je ne pense pas être un héros"

Pour Jason, cette reconnaissance reste collective. "C’est une énorme fierté que la gendarmerie puisse récompenser les militaires ayant accompli des actes de cette nature, des actes qui sortent de l’ordinaire. Ça n’arrive pas tous les jours, c’est gratifiant d’avoir une récompense comme celle-ci", confie-t-il. 

Mais l’intéressé refuse l’étiquette de héros. "Je ne pense pas être un héros. J’ai juste effectué ma part de travail sur cette opération. Chaque personne dans la colonne a rempli son rôle correctement, ce qui fait que la mission était réussie". Une humilité à l’image de cette journée d’hommage, où derrière les médailles et les cérémonies, ce sont surtout le sang-froid, la cohésion et l’engagement quotidien qui sont salués.