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Olivier en hommage à Ilan Halimi abattu à Épinay-sur-Seine : la cour d’appel confirme le rejet du caractère antisémite de l’acte

La qualification de violation d’un monument dédié à la mémoire des morts en raison de la religion n’a pas été retenue. [AFP]

La cour d’appel de Paris a confirmé ce mercredi les condamnations des deux frères tunisiens jugés pour avoir scié un olivier planté en hommage à Ilan Halimi à Épinay-sur-Seine. Comme en première instance, la circonstance aggravante d’antisémitisme n’a pas été retenue.

La justice a tranché, mais le débat reste entier. La cour d’appel de Paris a confirmé les peines prononcées à l’encontre des deux frères tunisiens accusés d’avoir scié un olivier planté en hommage à Ilan Halimi, dans un square d’Épinay-sur-Seine dans la nuit du 13 au 14 août 2025. 

Jugés pour destruction d’un bien public en réunion, les deux jeunes hommes, alors âgés de 19 ans et en situation d’errance, ont vu ce mercredi leurs condamnations maintenues : huit mois de prison ferme pour l’un, actuellement incarcéré, et huit mois de prison avec sursis pour l’autre, depuis expulsé vers la Tunisie.

"Censure de l’enquête"

Mais c’est surtout sur la qualification des faits que la décision était attendue. Comme en première instance, les magistrats ont confirmé la relaxe concernant la circonstance aggravante liée à un mobile antisémite. La qualification de violation d’un monument dédié à la mémoire des morts en raison de la religion n’a pas été retenue.

Une décision qui suscite l’incompréhension des parties civiles. "C’est affligeant, réagit maître Alain Jakubowicz, avocat de la Licra. Mais finalement, c’est avant tout une censure de l’enquête qui a été menée en dépit du bon sens. Personne ne s’est interrogé sur la manière dont ces deux jeunes ont pu se retrouver avec ce type de matériel dans un parc public, visant spécifiquement cet arbre. L’enquête a été bâclée."

"Ils ne sont pas tombés sur cet arbre par hasard. Qui leur a montré cet olivier ? Qui a commandité cet acte ?", s'interroge également l'avocat sur une éventuelle implication extérieure. Il estime que la reconnaissance de l’antisémitisme reste aujourd’hui extrêmement difficile à établir judiciairement.

"Une décision logique" pour la défense

En face, la défense se félicite d’une décision "logique". Pour maître Romain Ruiz, avocat de l’un des prévenus, aucun élément ne permettait d’établir une intention antisémite.

"Ces jeunes ne sont pas français, ils sont nés après le meurtre d’Ilan Halimi et aucun élément dans leurs téléphones ne démontre qu’ils connaissaient son histoire ou nourrissaient des idées antisémites", a-t-il assuré.

L’avocat pointe toutefois, lui aussi, les lacunes de l’enquête, estimant qu’elle "n’est pas allée à son terme", notamment sur la piste d’éventuels commanditaires. Les faits avaient provoqué une vive émotion à l’été 2025. 

Une destruction qui avait suscité l'indignation

L’olivier, planté en 2011 comme symbole de lutte contre l’antisémitisme, rendait hommage à Ilan Halimi, jeune homme de confession juive enlevé, torturé et assassiné en 2006. Sa destruction avait suscité une onde d’indignation bien au-delà de la commune d’Épinay-sur-Seine. Le maire, Hervé Chevreau, avait alors dénoncé "un acte odieux" et "irréparable".

Dix jours après les faits, les deux suspects avaient été interpellés grâce au bornage de leurs téléphones et à des traces ADN. Malgré ces éléments matériels, la question du mobile demeure au cœur des interrogations.

En confirmant l’absence de caractère antisémite, la cour d’appel clôt juridiquement le dossier, sans pour autant apaiser toutes les zones d’ombre qui continuent d’entourer cette affaire sensible.