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Lyon : un octogénaire meurt après un vol à l'arraché dans le métro

Malgré la prise en charge des pompiers, l'homme est décédé dans le véhicule des secours. [© Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Ce jeudi, un homme de 82 ans est mort d'un arrêt cardiaque à Lyon après un vol à l’arraché. Les deux auteurs présumés ont été interpellés dans la soirée et placés en garde à vue. Selon le syndicat Alliance Police nationale, les vols violents sans arme ont fortement augmenté dans le Rhône, dont ont été victimes plusieurs riverains interrogés par Europe 1.

Un homme de 82 ans est mort d'un arrêt cardiaque jeudi à Lyon après avoir été victime d’un vol à l’arraché de son collier en or à la station de métro Sans-Souci. Les deux auteurs présumés du vol ont été interpellés le soir même et placés en garde à vue pour vol avec violence ayant entraîné la mort, a précisé le parquet de Lyon à l'AFP, dans des éléments qu'Europe 1 a pu consulter.

Les faits se sont déroulés jeudi vers 16 heures, précise le parquet qui confirmait une information du Progrès. Le couple venait d'entrer dans la station quand un jeune agresseur a arraché violemment la chaîne en or de l'octogénaire, avant de prendre la fuite avec une complice.

Un malaise fatal après l'agression

Le couple victime est ensuite monté dans une rame du métro, mais l'homme a fait un malaise deux stations plus loin, à Saxe-Gambetta. Malgré la prise en charge des pompiers, il est décédé dans le véhicule des secours "des suites d'un arrêt cardiorespiratoire, vraisemblablement lié aux violences subies", rapporte le parquet.

Les deux auteurs présumés, un homme de 20 ans et une femme de 21 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue quelques heures plus tard, peu après 22 heures, des chefs de vol avec violence ayant entraîné la mort.

D'après Le Progrès, l'homme décédé souffrait de problèmes cardiaques. L’enquête a été confiée à la Direction de la criminalité territoriale du Rhône.

"Une explosion des vols à l’arraché"

Selon le syndicat Alliance Police nationale, les vols à l’arraché se multiplient ces dernières semaines à Lyon et dans sa métropole. "Il y a une explosion des vols à l'arraché, notamment sur des personnes âgées, des personnes vulnérables. Ce sont des proies faciles", alerte Alain Barberis, secrétaire départemental et régional du syndicat, auprès d'Europe 1.

Les statistiques du ministère de l’Intérieur font état d’une forte augmentation des vols violents sans arme dans le Rhône : 4.766 faits ont été recensés en 2025, contre 2.877 en 2024, soit une hausse de plus de 65%, rappelle le syndicat. À Lyon, la hausse est encore plus importante : 3.166 faits ont été recensés en 2025, contre 1.807 l’année précédente, soit une hausse d'environ 75%.

Le syndicat réclame davantage de moyens humains et en appelle à la responsabilité de l’État. "Aujourd’hui, on n’est plus capable de protéger nos aînés, qui sont vulnérables, c’est terrible. Les policiers aujourd'hui, qui sont pleinement engagés, pour eux, c’est un véritable échec. Malgré les interpellations, malgré les faits élucidés, ces actes criminels ne cessent de progresser, et de manière très alarmante", déplore Alain Barberis, alors que les effectifs policiers devraient encore diminuer au 1er septembre, avec davantage de départs que d’arrivées dans le cadre des mutations.

Certains habitants ne portent plus leurs bijoux

Une inquiétude partagée par plusieurs habitants rencontrés par Europe 1 à la sortie de la station de métro Sans-Souci. Une habitante du quartier raconte que son mari et son fils ont tous les deux déjà été victimes de vols à l’arraché. "Il y a plus de six mois, mon fils s’est fait arracher son téléphone dans le métro à Garibaldi. Mon mari s’est fait agresser aussi. Il y a deux ans, c’était à Gorge-de-Loup. Il s’est fait voler son collier. On ne se sent pas en sécurité du tout", témoigne-t-elle.

Depuis, son mari et son fils ne portent plus de bijoux, en or comme en argent, par crainte d’être pris pour cible. Une habitude qu’a aussi prise la femme d’un autre habitant rencontré par Europe 1. "Elle a tout enlevé. Elle ne met plus de bijoux, rien du tout, même la montre, elle ne la met plus", raconte son mari, qui habite le quartier depuis une dizaine d'années.