Le procès d'un homme de 53 ans, poursuivi pour avoir violé son fils alors âgé de 7 à 14 ans et pour l'avoir prostitué, s'est ouvert jeudi devant la cour criminelle du Jura, après son extradition depuis le Chili où il avait pris la fuite.
Le quinquagénaire, qui avait récupéré la garde de son fils au moment du décès de la mère alcoolique de l'enfant, est également poursuivi pour s'en être pris à huit autres adolescents.
Il doit être jugé jusqu'au 14 octobre prochain à Lons-le-Saunier pour viols, agressions sexuelles, proxénétisme et corruption de mineurs, commis entre début 2016 et juin 2023.
Deux autres hommes, âgés de 52 et 58 ans, doivent être jugés aux côtés du principal accusé, qui était leur amant régulier. Ils sont soupçonnés d'avoir violé à plusieurs reprises le fils et l'un de ses amis, alors âgés de 11 à 15 ans.
Un procès à huis clos
Mais l'un d'eux, qui n'est pas incarcéré, ne s'est pas présenté au procès jeudi matin, a indiqué Marjorie Weiermann, avocate du principal accusé. Le président de la cour a délivré un mandat d'amener pour que les forces de l'ordre aillent le chercher chez lui et l'amènent au tribunal, a-t-elle ajouté. L'audience est suspendue en attendant son arrivée.
Les débats devraient vraisemblablement se dérouler à huis clos, en vertu d'une demande déposée par Agnès Ravat-Sandre, avocate du fils, un adolescent aujourd'hui âgé de 17 ans.
Le père aurait aussi contraint les deux jeunes garçons à avoir des relations sexuelles tarifées avec des hommes contactés sur le site coco.fr, qu'ils rencontraient dans une forêt.
L'homme avait fui au Chili en 2023 en apprenant qu'une plainte à son encontre avait été déposée. La justice chilienne avait accepté de l'extrader l'année suivante vers la France.
L'accusé "conteste" certaines autres accusations
Il "reconnaît globalement" les faits commis sur son fils et son ami, mais "conteste" certaines autres accusations, a indiqué à l'AFP son avocate Marjorie Weiermann.
"Avec le recul, il a pris conscience de toute l'anormalité de ses comportements et du mal qu'il a fait aux mineurs, sachant que lui-même a été initié à la sexualité assez tôt, enfant, sans en avoir souffert", a expliqué Me Weiermann.
Selon l'avocate, l'accusé "reste très attaché à son fils et souhaite pouvoir un jour renouer un lien normal". Depuis la fuite de son père au Chili et son incarcération par la suite, le fils a été confié à un oncle.
Pour lui, ce procès sera "une épreuve", a commenté l'avocate de l'adolescent: "il y a forcément un conflit de loyauté", l'accusé étant "à la fois son agresseur, qui a commis des faits très graves sur lui, et son père, qui reste son père". Le jeune homme, qui aura 18 ans en novembre, "sait que ça va être difficile et douloureux pour lui, mais il y aura un soulagement à la fin".